Temple de l’Oratoire

Ce temple réformé de l’Église protestante unie de France est celui de Paris le plus chargé d’histoire.

  • Temple de l'Oratoire
    Temple de l'Oratoire © Thibault Godin
  • Autour de l’Oratoire du Louvre © Thibault Godin

Le monument est construit au-dessus du mur arasé de l’enceinte de Philippe-Auguste. Il était à l’origine la chapelle de la congrégation de l’Oratoire fondée par le Cardinal de Bérulle en 1611. Les plans avaient été établis par l’architecte Clément Métezeau puis repris par Jacques Lemercier. La première pierre fut posée le 22 septembre 1621.

Un premier retard du chantier intervient en 1623 lorsque le surintendant des bâtiments veut s’opposer à la construction pour préserver un ancien projet d’extension du Louvre jusqu’à la rue Saint-Honoré. En 1625, les travaux sont suspendus car on ne disposait pas encore du terrain donnant sur la rue Saint-Honoré où se situaient deux maisons.

Extérieurement, l’église se présente comme un grand vaisseau relativement étroit, très élevé que coiffe un haut comble avec trois niveaux d’élévation. Deux tourelles de pierre abritent un escalier à vis desservant les tribunes et les combles. Une chapelle ovale est adossée au chevet de l’église.

En 1642 et 1643 sont célébrées à l’Oratoire les obsèques du Cardinal de Richelieu puis de Louis XIII, en 1666 celles de la Reine Anne d’Autriche. C’est seulement en 1740 que la nef est achevée et le grand portail monté en 1745. En 1793, l’église est saccagée, pillée et devient salle de conférence. On y dépose aussi des décors de théâtre.

L’église est mise à la disposition du culte réformé par Napoléon en 1811. Le premier culte est célébré par le pasteur Paul-Henri Marron. L’intérieur est alors entièrement réaménagé pour le culte protestant.

Les boiseries proviennent de l’ancienne église Saint-Louis du Louvre, affectée au culte réformé de 1790 à 1811, puis démolie.

La grande sacristie occupe la partie basse de la chapelle ovale qui a été coupée par un entresol en 1821. Elle comporte les bustes des cinq premiers pasteurs de l’Oratoire et plusieurs panneaux en mémoire du protestantisme parisien.

L’église comporte plusieurs plaques commémoratives : imposante liste des morts de la guerre 1914-1918, hommage aux soldats américains de la première guerre mondiale.

Deux personnes de l’Oratoire ont reçu la médaille des justes parmi les nations : le pasteur Paul Vergara et Marcelle Guillemot, toujours en vie, qui fut assistante sociale auprès de l’association d’entraide sociale de quartier : La Clairière.

Les sièges sont des chaises dirigées vers la chaire située au milieu de la nef sur le côté est de l’édifice. Des bancs sont réservés pour les conseillers presbytéraux et les diacres.

L’orgue Gonzalez actuel, qui date de 1962, comporte 67 jeux, il permet d’accompagner la liturgie du culte et de jouer la musique d’orgue de toutes les époques.

En 1802, en application des Articles organiques, l’Église consistoriale réformée de Paris est créée ; son ressort déborde sur l’Ile de France. L’Église est dirigée par une assemblée, le Consistoire de Paris, dont le siège vient à l’Oratoire lors de l’attribution de l’édifice aux réformés. Tous les pasteurs sont rattachés au Consistoire.

En 1860, après l’absorption par Paris de plusieurs communes de banlieue, il est créé cinq paroisses officieuses à Paris ayant chacune leurs pasteurs affectés. Toutefois, la prédication générale donnée à l’Oratoire lui confère une dignité supérieure à celle des autres temples de Paris.

L’Église consistoriale de Paris éclate en 1882 avec la création de huit paroisses réformées officielles à Paris. En 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État met fin au régime concordataire. La deuxième moitié du XIXe siècle a été marquée par l’opposition entre réformées orthodoxes et libéraux mais il n’y a pas eu de schisme.

  • Temple de l'Oratoire © Thibault Godin

En 2011, l’Église de l’Oratoire a solennellement fêté ses 200 ans. Devenue en 2013 l’Église protestante unie de l’Oratoire, elle est l’une des principales paroisses protestantes de Paris. Très vivante, elle appartient au courant réformé libéral et attire des paroissiens éloignés. Des conférences et des concerts spirituels y sont donnés.

Elle dispose d’un remarquable site internet, qui vous permettra de compléter tranquillement votre visite.

Rue de Rivoli, adossée au bâtiment ovale de l’ancienne chapelle, se trouve le monument en souvenir de l’Amiral de Coligny, assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Ce monument fut élevé à la suite d’une souscription nationale en 1889. Il est l’œuvre du sculpteur Crauck et de l’architecte Scellier de Gisors. Gaspard de Coligny est placé debout devant un encadrement de fenêtre pour évoquer sa défenestration après son assassinat.

Sur le socle, la Bible ouverte. De part et d’autre du socle : la Patrie portant la couronne du vainqueur de la bataille de Saint-Quentin en 1551 contre Philippe II et l’Eglise en costume de deuil. Les reines Wilhelmine des Pays-Bas, en 1912, et Juliana, en 1948 et en 1972, sont venues s’incliner devant la statue de leur ancêtre Coligny.

Temple de l’Oratoire

143 Rue Saint Honoré, 75001 Paris, France

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