Raoul Allier (1862-1939)

Professeur de théologie

  • Raoul Allier (1862-1939)
    Raoul Allier (1862-1939) © Collection privée

Ancien élève de l’École Normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé de philosophie en 1885, il est nommé professeur de philosophie au lycée de Montauban et, quelques mois plus tard, chargé de cours à la Faculté de théologie protestante de cette ville. Puis, en 1889, il est chargé de cours à la Faculté de théologie de Paris, dont il deviendra titulaire en 1902 (thèse sur la Cabale des dévots).

Très marqué par la personnalité et la prédication chrétienne sociale de Tommy Fallot, il participe aux travaux de la Société d’aide fraternelle et d’études sociales que ce dernier a fondée. Il est un des fondateurs et premier président de la Fédération française des associations chrétiennes d’étudiants, et développe le rayonnement de l’Association des étudiants protestants de Paris (rue Vaugirard) qu’il préside à partir de 1920.

Convaincu de l’innocence du capitaine Dreyfus, il publie une étude transparente sur Voltaire et Calas, puis une série d’articles dans le journal Le siècle. Ce réformiste profondément patriote noue des contacts bénéfiques, tant à gauche avec des membres de la Ligue des Droits de l’Homme, qu’à droite avec des membres d’un Comité catholique pour la défense du droit.

Lors de la préparation de la Loi de Séparation de l’Église et de l’État, il milite ardemment dans le Siècle et auprès des parlementaires, pour une conception libérale de la nouvelle organisation, c’est-à-dire pour une séparation complète et définitive des Églises et de l’État.

Membre du comité directeur de la société des Missions Évangéliques de Paris, il défend avec force dans le siècle la liberté des cultes menacée à Madagascar par la politique de laïcisation menée par le Gouverneur Général, Victor Augagneur, et dirigée surtout contre les missions protestantes.

La guerre de 1914-1918, durant laquelle il perd son fils aîné, tué dès août 1914, le marque profondément et il participe à la lutte contre le « défaitisme » par une grande activité de prédicateur laïc et de conférencier. Les quatre-vingt-une Conférences de guerre que, patriote et croyant, Raoul Allier prononce de mardi en mardi dans les quatre plus grands temples de Paris, ont un grand retentissement.

Devenu doyen de la Faculté de théologie de Paris en 1920, il fait adopter une politique ambitieuse d’accueil d’étudiants étrangers et de contacts avec les étudiants d’Europe centrale et orientale.

Ses écrits

Trois ouvrages de philosophie religieuse et de sociologie témoignent de sa pensée : La Psychologie de la conversion chez les peuples non-civilisés (1925), Le Non-civilisé et Nous (1927, Magie et religion (1935). Il dénonçait ainsi le rôle dégradant de la magie dans les différentes civilisations et dans la religion.

Bibliographie

  • Livres
    • CABANEL Patrick et ENCREVE André , Dictionnaire biographique des protestants français, de 1787 à nos jours, Editions de Paris - Max Chaleil, Paris, 2015, Tome 1 : A-C
    • RICHARD Gaston, La vie et l’œuvre de Raoul Allier, Berger-Levrault, 1948, p. 330
  • Articles
    • « L’œuvre de Raoul Allier et la sociologie religieuse », Revue du Christianisme Social, Numéro 1, p. 60-72

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