« Présence protestante » à la télévision

Depuis 1955, sous l’égide de la Fédération protestante de France, une émission télévisée du dimanche matin témoigne de la « Présence protestante ». L’émission est non seulement une vitrine pour le protestantisme, mais aussi un vecteur de la francophonie protestante et surtout une occasion d’annoncer l’Évangile.

 

Les origines

  • Générique de l'émission Présence protestante
    Générique de l'émission Présence protestante © Présence protestante

Alors que les catholiques disposent d’une heure trente d’émission télévisée depuis la création de la RTF en 1949, les responsables de la chaîne proposent au président de la Fédération protestante de France de faire apparaître le protestantisme dans la grille des programmes : le pasteur Boegner décide de confier à Marcel Gosselin, pasteur à Calais, la responsabilité de ce nouveau programme.

Le 2 octobre 1955 est lancée « L’Émission protestante ». La chaîne, unique à l’époque, diffuse 30 heures d’émissions par semaine : les protestants disposent de 30 minutes en direct.

Devenue « Présence protestante », nom emprunté à l’émission suisse romande, le programme bénéficie d’une équipe autonome en 1965. A partir de 1967, Marcel Gosselin devient également le réalisateur de toutes les émissions.

En 1971, la Fédération protestante précise la vocation de « Présence protestante » : être « une parole de Dieu pour les hommes d’aujourd’hui, plutôt qu’une vitrine du protestantisme ou une aumônerie des disséminés. Elle s’efforce de donner priorité à la bonne nouvelle qui concerne tous les hommes et non pas les seuls protestants ».

Les cultes télévisés

  • Logo de l'émission télévisée
    Logo de l'émission télévisée © Présence protestante

Lorsque les émissions sont lancées en 1955, les cultes ne font pas partie des programmes. Marcel Gosselin n’y est pas favorable : il estime que le culte n’est pas la forme de témoignage évangélique la mieux adaptée à la télévision, qu’il s’adresse aux fidèles et non aux incroyants ; le culte est de plus très coûteux en moyens techniques et humains.

Mais très vite, trois cultes sont diffusés, pour les fêtes de Noël, Pâques et Pentecôte. A la demande des téléspectateurs, le nombre de cultes retransmis est porté à douze. Pour les grandes fêtes (Noël, Pâques, Pentecôte et l’Ascension depuis 1994), « Présence protestante » s’associe à ses homologues de Belgique, de Suisse et d’Italie pour prendre en charge à tour de rôle le culte diffusé en eurovision. Grâce aux catholiques qui cèdent le temps d’antenne de leur magazine, la durée de diffusion protestante est portée ces jours-là à une heure.

Les sept autres cultes sont retransmis depuis les différentes Églises de la Fédération protestante de France, en tenant compte des diversités ecclésiale et géographique.

Les évolutions internes

  • Couverture du livre de Marcel Gosselin et Jean Cabriès
    Couverture du livre de Marcel Gosselin et Jean Cabriès © Collection privée

Depuis son lancement, l’émission s’est imposée dans le paysage protestant et a progressivement évolué.

En 1961, Jean Cabriès rejoint l’équipe, qui diffuse sa millième émission en 1975. A Marcel Gosselin succèdent en 1980 le pasteur Jean Domon, assisté de Françoise Muckensturm, en 1990 Claudette Marquet, en 2004 Séverine Boudier.

En 1999, l’équipe est composée de cinq personnes équivalent plein temps (trois à temps pleins, deux à mi-temps et un objecteur de conscience), et dotée d’un budget de cinq millions de francs environ.

Suite à la privatisation de la première chaîne en 1986, les émissions religieuses passent sur Antenne 2 (devenue France 2) : « Présence protestante » se voit attribuer le créneau horaire du dimanche de 10h à 10h30.

Alors que la quasi-totalité des foyers français est désormais équipée d’un ou plusieurs téléviseurs, l’émission diversifie son offre : en 1990 elle crée son magazine mensuel ; le dimanche suivant est consacré à un documentaire ou à l’émission biblique, destinée à faire découvrir quelques textes importants ; une autre émission propose la présentation de livres avec leurs auteurs.

L’ouverture œcuménique

  • Bulletin d'adhésion aux ARTP
    Bulletin d'adhésion aux ARTP © ARTP

La première émission œcuménique est diffusée en 1961 à l’occasion du dimanche de prière pour l’unité des chrétiens.

Mais c’est en 1991 que naît l’émission « Agapè », sur une idée de Nicole André, responsable déléguée de la matinée religieuse sur la deuxième chaîne. Commune à « Présence protestante » et à l’émission catholique « Le jour du Seigneur », « Agapè » est conçu comme un débat entre chrétiens et incroyants sur des thèmes de société à dimension religieuse, chaque premier dimanche du mois pendant une heure. « Agapè » est non seulement une ouverture œcuménique, mais également un élargissement des audiences pour « Présence protestante ».

« Agapè » s’arrête en 2010, remplacé par « Kaïros », documentaires œcuméniques de trente minutes.

Depuis 1959, l’association des Amis de la radio-télévision protestante (ARTP) a pour but de soutenir et d’aider les services radio et télévision de la Fédération protestante de France.

Bibliographie

  • Sites
    • Présence protestante | Lien
  • Documents
    • Information-Evangélisation (1999)
  • Livres
    • GOSSELIN Marcel et CABRIES Jean, La télévision et les protestants. Les protestants et la télévision, CERF, 1984

Notices associées

Au hasard des notices