Le pays de Montbéliard
au XVIIe siècle

Le comté de Montbéliard était sous influence française dès le XVIIe siècle, mais son indépendance de droit lui valut d’être terre de refuge lors de la révocation de l’édit de Nantes.

L'héritage de la Réforme

  • Frédéric duc de Wurtemberg (1593-1608), gravure
    Frédéric duc de Wurtemberg (1593-1608), gravure © Collection privée

Le comté de Montbéliard, propriété de la Maison de Wurtemberg, était entièrement acquis à la Réforme luthérienne à la fin du XVIe siècle. En 1587, le duc de Guise et ses ligueurs envahissent le comté pour punir le comte Frédéric (qui régna de 1580 à 1608) de sa sympathie pour Henri de Bourbon, futur Henri IV. De plus, le comté avait accueilli le fils de l’amiral de Coligny avec sa troupe de 3 000 hommes, en route vers les principautés protestantes d’Allemagne.

L’armée des Guise soumit le comté au pillage et le mit à feu et à sang. Les mémoires du temps dénombrent les incendies de 4 temples, 15 presbytères, 8 fermes ou domaines princiers, 10 ateliers artisanaux et 700 maisons.

Un des plus grands temples de France

  • Temple de Montbéliard (25)
    Temple de Montbéliard (25) © S.H.P.F.

La paix étant revenue, le comte Frédéric entreprit un voyage en Italie avec l’architecte Henri Schikhard et, à son retour, fit édifier à Montbéliard le temple Saint-Martin dans un style inspiré de la Renaissance italienne. Sa construction dura de 1601 à 1604. Ses dimensions en font aujourd’hui l’un des plus grands temples de France.

À partir de 1618, la principauté subit les effets désastreux de la guerre de Trente Ans. Pour tenter de les atténuer, le comte Louis-Frédéric (qui régna de 1608 à 1631) négocia avec le roi de France Louis XIII un traité de protection du pays de Montbéliard pendant son occupation par des détachements de troupes françaises, occupation qui se prolongera jusqu’après la paix de Westphalie en 1648. Cependant la pratique du luthéranisme ne fut pas mise en question, bien que la guerre ait apporté son lot de souffrances et de dévastations, sans parler de la peste qui sévit en 1635 et 1637.

Le comté de Montbéliard, terre de refuge

Le comte George, qui avait épousé en 1648 Anne de Châtillon, arrière-petite-fille de l’amiral Coligny, régna de 1662 à 1699.

Il fit construire un second temple à Montbéliard (qui existe encore mais qui est désaffecté : c’est un centre culturel municipal) pour y accueillir le nombre croissant de réformés français qui émigraient pour pouvoir pratiquer leur religion.

Les guerres, que mena Louis XIV pour la conquête de la Franche-Comté acquise en 1678 et ensuite en Alsace, troublèrent considérablement le comté de Montbéliard, situé exactement entre ces deux provinces.

Louis XIV impose le simultaneum

  • Temple d'Héricourt (Doubs)
    Temple d'Héricourt (Doubs) © Bretegnier

Louis XIV fit passer ses troupes par la route qui, reliant Besançon à Belfort, traverse Héricourt dont il fit raser les murailles. En 1684, il exigea que le temple de Tavey (qui existe encore, rendu aux protestants en 1908), village voisin d’Héricourt, soit attribué exclusivement aux catholiques.

En 1700, il ordonna à l’archevêque de Besançon d’installer des prêtres catholiques dans les chefs-lieux des seigneuries de la principauté et la pratique du simultaneum entraîna nombre de vexations et de querelles, ne serait-ce que par l’éviction des pasteurs de leurs presbytères pour y installer les curés.

Toutefois, le pays fut à l’abri des persécutions violentes que connurent les autres provinces françaises à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes.

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle ont été édifiés les temples de Colombier-Fontaine, Champey et Saint-Maurice.

Le pays de Montbéliard
au XVIIe siècle

Bibliographie

  • Livres
    • CANEL Charles, Histoire de la ville d’Héricourt, 1914
    • LOVY René, Sanctuaires montbéliardais, 1949
    • VIENOT John, Histoire des Pays de Montbéliard à l’usage de la jeunesse et des familles, Imprimerie Pierre Juillard, Audricourt, 1904

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