La traduction œcuménique de la Bible en français

En 1975, paraît une traduction œcuménique de la Bible en français, la TOB. C’est le fruit d’un travail collectif qui a associé les biblistes de l’École biblique française de Jérusalem et ceux de l’Alliance biblique, ainsi que des théologiens catholiques, protestants et orthodoxes. Plusieurs fois révisée depuis, la TOB est une référence importante, mais non exclusive, pour les liturgies catholiques, protestantes et, depuis 2010, orthodoxes.

Une retombée du concile Vatican II

  • Concile Vatican II (1962-1965)
    Concile Vatican II (1962-1965) © Lothar Wolleh
  • Georges Casalis (1917-1987)
    Georges Casalis (1917-1987) © S.H.P.F.

C’est au moment du concile Vatican II que le projet d’une traduction œcuménique de la Bible se fait jour en France. Les progrès de l’exégèse, le fait que la lecture de la Bible devienne une pratique encouragée pour les fidèles de l’Église catholique, le fait aussi que les dominicains souhaitent réviser la traduction qu’ils avaient proposée en 1957, dite Bible de Jérusalem, sont autant d’éléments favorables qui convergent pour lui donner rapidement forme.

En 1961, une quarantaine de biblistes et de théologiens se mettent au travail, parmi lesquels, du côté catholique, le père Refoulé, le père Dubarle, le père Geoltrain, Annie Jaubert, du côté protestant, Pierre Bonnard, Pierre Prigent, Marc-Alain Chevallier. Le pasteur Jacques Maury préside le comité d’organisation dont le père François Refoulé (1922-1998) et le pasteur Georges Casalis (1917-1987) sont les Secrétaires généraux. Les traductions sont relues et retravaillées avec des théologiens. Toutes sont pourvues de notes. Certaines donnent les raisons du choix d’un mot plutôt que d’un autre. D’autres enrichissent les références historiques et rappellent des controverses désormais surmontées.

Pour commencer, la traduction de l’Épître de Paul aux Romains

  • La Bible
    La Bible © Collection privée
  • Cranach: le retable de Weimar Luther et Cranach aux pieds du crucifix
    Cranach: le retable de Weimar Luther et Cranach aux pieds du crucifix © Collection privée

C’est d’abord la traduction du Nouveau Testament qui est entreprise. Le premier texte en chantier est celui de l’Épître de Paul aux Romains. C’est là une sorte de test. L’Épître aux Romains a été en effet, depuis saint Augustin, l’objet d’interprétations très diverses. Au moment de la Réforme, elle a opposé fortement protestants et catholiques.

La traduction paraît en 1967 conjointement aux éditions du Cerf et aux éditions les Bergers et les Mages.

Le succès de cette première collaboration a permis  de valider l’ensemble du projet. La traduction de l’ensemble du Nouveau Testament est achevée en 1972. Les éditions du Cerf  (du côté catholique) la publient avec les notes intégrales des traducteurs et des théologiens, tandis que les Bergers et les Mages (du côté protestant) préfèrent ne retenir que certaines d’entre elles, dites notes essentielles. L’usage de cette traduction se répand assez vite dans la vie des paroisses. Mais il n’est pas exclusif : la version synodale, dite Ostervald,  et celle de Louis Segond (1880) en milieu protestant, celle de la Bible de Jérusalem ou du chanoine Crampon en milieu catholique restent des références. Et bien sûr d’autres traductions ont été engagées depuis.

Puis la traduction œcuménique de l’Ancien Testament

  • La Septante
    La Septante © Bible archéologie.free
  • Adam et Eve chassés de l'Eden (Masaccio 1401-1428)
    Adam et Eve chassés de l'Eden (Masaccio 1401-1428) © Wikimedia Commons

La traduction de l’Ancien Testament est achevée et publiée en 1975. Le texte de travail retenu est la version massorétique du canon de la Bible hébraïque, établie et vocalisée au 7ème siècle (après J.C.). Elle est acceptée par les catholiques et les protestants.

Les orthodoxes, eux, sont réservés vis-à-vis de ce choix. En effet, ils ont toujours privilégié l’édition de la Septante, établie et traduite en grec par l’École d’Alexandrie. Et ils ont de ce fait utilisé dans leur liturgie des textes dits deutérocanoniques, car ils n’appartiennent pas au canon de la Bible hébraïque, n’étant pas écrits en hébreu. Une réédition en 2004 contient une révision des notes. Celle de 2010 ajoute les livres deutérocanoniques en usage dans l’orthodoxie.

Parce qu’aucune traduction ne peut être considérée comme définitive, d’autres révisions sont probables.

Jusqu’à présent, il n’existe pas d’autre traduction œcuménique de la Bible que la française.

Bibliographie

  • Sites
    • Association œcuménique pour la recherche biblique | Lien
  • Documents
    • REFOULE François, CASALIS Georges, L’épître aux Romains | Lien
  • Livres
    • Association œcuménique pour la recherche biblique, L’aventure de la TOB, Editions du Cerf, Paris, 2010

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