La reconquête catholique (1600-1660)

Les forces vives de l’Église catholique dynamisées par le concile de Trente se lancent dans la reconquête pacifique sur « l’hérésie » protestante. Elles utilisent trois moyens : la controverse, la mission et la conversion personnelle.

La controverse : une affaire de théologiens

  • Un exemple de controverse
    Un exemple de controverse © Collection privée

Commencée au XVIe siècle, la controverse se renforce au XVIIe siècle. Elle porte alors essentiellement sur l’Église et la messe. Il s’agit de débats publics entre théologiens catholiques, principalement jésuites, et pasteurs protestants. Chacun cherche à convaincre les auditeurs du bien fondé de sa position et de l’erreur de la position adverse, à partir de textes de la Bible et de la tradition de l’Église. Il y a aussi des controverses écrites qui donnent lieu à des milliers de documents. Ces joutes savantes entre théologiens n’ont que peu d’impact sur le plan des conversions.

La mission

  • Prédication d'un capucin devant le logis des députés protestants
    Prédication d’un capucin devant le logis des députés protestants © S.H.P.F.

Il s’agit de combattre le protestantisme par la prédication et la catéchisation de la population. À partir de 1617, des journées de mission, conduites par des religieux capucins, sont organisées dans les régions à prédominance réformée, à la fois pour convertir les « hérétiques » et pour protéger les fidèles catholiques, notamment en Poitou, dans les Cévennes, le Languedoc et le Dauphiné.

La journée se termine par des confessions et des communions. Ces actions rencontrent un certain succès dans l’Ouest avec des milliers de conversions mais n’atteignent pas un résultat d’ensemble déterminant.

La conversion personnelle

Les compagnies de la propagation de la foi composées d’ecclésiastiques et de laïcs dévots s’efforcent d’obtenir des conversions personnalisées : il s’agit de « ramener les errants et tous les dévoyés de la foi à la connaissance de la vérité. »

La première compagnie est celle de Paris, créée en 1632. À partir de 1640, d’autres compagnies sont créées en province sous l’autorité de l’évêque du diocèse.

Les compagnies portent un secours financier à ceux qui abjurent et sont mis au ban de leur ancienne communauté. Elles recueillent les plus démunis dans des maisons de nouveaux catholiques. Le pouvoir royal contribue au financement de l’opération.

Bibliographie

  • Livres
    • CARBONNIER-BURKARD Marianne et CABANEL Patrick, Une histoire des protestants en France, Desclée de Brouwer, Paris, 1998

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