La faculté de théologie
de Montauban au XIXe siècle

Fondée en 1808-1810, la Faculté de théologie de Montauban forme la majorité des pasteurs de l’Église réformée. Après quelques tâtonnements, les études y sont réorganisées par un arrêté du baron Cuvier, en date du 24 mai 1828.

Admission

  • Montauban, l'ancienne faculté de théologie
    Montauban, l'ancienne faculté de théologie © Collection privée

A partir du moment où la faculté de Montauban est à rattachée l’Université à de France, seuls les titulaires du baccalauréat pouvaient y être admis, soit ceux qui avaient suivi l’enseignement secondaire public du lycée. L’exigence du premier grade universitaire pouvait conduire à écarter certaines vocations remarquables. Pour pallier ce risque, deux « écoles préparatoires de théologie » ont été fondées, qui préparaient au baccalauréat, ou à un examen jugé équivalent par la faculté :

  • l’une à Nîmes (dite « Pension Lavondès »), sous le contrôle des libéraux ; ouverte en 1847 : les élèves suivent les cours du lycée de Nîmes et disposent sur place de répétiteurs ; leur baccalauréat obtenu ils partent pour la faculté de Genève qui leur offre quelques bourses (cette école ferme en 1872 pour difficultés financières) ;
  • l’autre aux Batignolles sous l’influence des évangéliques : en fonction à partir de 1852, elle envoie les élèves à la faculté de Montauban.

Études

Une fois admis à la faculté (et recommandé par le conseil presbytéral de sa paroisse), l’étudiant effectue 5 années d’études.

  • Les deux premières années forment l’« auditoire de philosophie », années préparatoires, consacrées essentiellement aux langues : on apprend l’hébreu qui permet l’accès à l’Ancien Testament, on se perfectionne en latin et en grec, ainsi qu’en anglais ou allemand. Une dissertation en français est faite par semaine. Les élèves suivent aussi des cours de philosophie, d’archéologie biblique, d’histoire des religions de l’antiquité et de leurs systèmes moraux, et de littérature des Pères de l’Église. Les examens sont semestriels.
  • Les trois autres années forment l’« auditoire de théologie », où l’on accède après avoir réussi l’examen dit d’« ascension ». On y étudie l’exégèse de l’Ancien et du Nouveau Testament, la théologie historique, la théologie dogmatique, la théologie pratique. S’y adjoignent des cours de sciences physiques et naturelles, des exercices de catéchisation et de prédication, avec le concours du consistoire de Montauban. Les examens sont semestriels.

Au bout de 5 ans, les étudiants âgés d’au moins 25 ans, qui ont « donné des preuves satisfaisantes de capacité religieuse et morale », sont autorisés à se présenter à l’examen qui leur permettra d’obtenir le grade de bachelier en théologie, indispensable pour être nommé pasteur. Cet examen se compose d’épreuves écrites et orales portant sur chacune des branches de la théologie et d’épreuves pratiques : « composer et réciter un sermon en quatre jours sur un texte donné par la Faculté ». Il faut enfin soutenir un petit mémoire, appelé « thèse ». Si l’on veut se consacrer à l’enseignement de la théologie, il est possible de poursuivre ses études jusqu’au grade de licencié, puis de docteur en théologie.

Vie de l'étudiant

Les étudiants peuvent résider dans un foyer appelé « séminaire », mais ceux qui le souhaitent peuvent se loger en ville. La discipline est sévère, les horaires stricts et matinaux.

Niveau des études

  • Charles Bois (1821-1896)
    Charles Bois (1821-1896) © S.H.P.F.

Il est difficile à juger, mais tout ne va pas pour le mieux. Les professeurs ne sont pas des savants de réputation internationale. Leur mode de nomination ne favorise guère le choix en fonction de critères scientifiques. Sous la Monarchie de Juillet, le ministre les choisit lui-même. À partir de 1852, ils sont élus par les consistoires. À partir de 1860, sous l’influence de Guizot, les meilleurs étudiants sont envoyés en Allemagne, et le niveau intellectuel s’améliore.

Par ailleurs, la faculté de Montauban est le seul établissement d’enseignement supérieur dans cette ville, et les étudiants ne peuvent pas profiter d’un climat d’émulation intellectuelle comme à Genève ou Strasbourg. Le transfert à Paris, réclamé en particulier en 1848, ne sera pas effectué. C’est après la Première guerre mondiale que la faculté de Montauban sera transférée dans une ville universitaire, à Montpellier.

Les enseignants les plus représentatifs de cette orthodoxie « aimable » furent Jules Pédezert, Charles Bois, Émile Doumergue, Jean Monod.

La faculté de théologie
de Montauban au XIXe siècle

Faculté de théologie de Montauban

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