Guillaume Mallet (1747-1826)

Un suspect sous la Révolution

  • Guillaume, Ier baron Mallet de Chalmassy (1747-1828), peint par Delaroche
    Guillaume, Ier baron Mallet de Chalmassy (1747-1828), peint par Delaroche © Collection privée

Guillaume Mallet, né à Noisy en 1747, est le fils de Jacques, lui-même fils d’Isaac, fondateur de la banque qui s’appellera Mallet Frères et Cie en 1782.

Guillaume entre très jeune dans la maison de banque de son père, devient son associé, puis son successeur avec son frère Jean-Jacques et un cousin. En 1791, Guillaume bénéficie du décret de l’Assemblée constituante qui rend la qualité de français aux descendants des personnes ayant quitté le royaume pour cause de religion.

Alors que la loi l’autorise à payer en assignats dévalués, la banque Mallet règle en écus à un émigré, M. Bertin, ancien ministre des affaires étrangères de Louis XV, le produit de la vente en 1792 de son hôtel particulier. Cela rend les Mallet, Guillaume et son frère, suspects d’aider les émigrés, d’autant plus qu’ils étaient tous deux banquiers et genevois d’origine. Accusés de complot contre-révolutionnaire, ils sont arrêtés et emprisonnés pendant la Terreur en 1794. Leur libération intervient dix jours après le 9 thermidor An II (1794). Pendant l’incarcération des deux frères, la ténacité de leurs épouses permet d’éviter la fermeture de la banque menacée de faillite.

La création de la Banque de France

Lors de la création de la Banque de France, en 1800, Guillaume Mallet fait partie de ses premiers régents (administrateurs) dont la candidature a été approuvée par Bonaparte premier consul. Il est en effet, un banquier respecté, souvent sollicité dans les litiges entre ses confrères. De plus sous l’Ancien Régime la banque Mallet avait été un gros actionnaire de l’ancienne Caisse d’Escompte, ancêtre (abolie en 1793) de la future Banque de France.

Les statuts de la Banque de France prévoient l’escompte de lettres de change et billets à ordre mais aussi une nouveauté : l’émission de billets payables au porteur et à vue. Guillaume Mallet joue un rôle déterminant : il statue sur les candidatures de ceux qui veulent voir accepter leurs effets de commerce à l’escompte. Après la crise de 1805-1806 dans laquelle certains régents sont compromis, Napoléon charge Guillaume Mallet de participer à la rédaction des nouveaux statuts de la Banque de France.

Bien entendu le crédit de la banque Mallet se trouve fortifié par la position qu’occupe Guillaume Mallet à la Banque de France. Les descendants de Guillaume lui succéderont comme régents de la Banque de France jusqu’à la suppression du Conseil de régence en 1936.

Guillaume Mallet n’accepte pas de fonction politique autre que celle de Conseiller général de la Seine. En 1810, il est récompensé de ses mérites par la Légion d’honneur et Napoléon lui décerne le titre héréditaire de baron, lequel est confirmé en 1815 par lettre royale de Louis XVIII.

Membre du Consistoire de Paris

En 1803, Guillaume est un des protestants réformés de la Seine qui paie le plus d’impôts. À ce titre il siège au consistoire de l’Église réformée de Paris avec les vingt-quatre chefs des familles réformées les plus riches aux côtés des pasteurs des Églises locales. Il reste membre du consistoire de 1803 jusqu’à sa mort en 1826. Ses deux fils, James et Jules, épousent chacun une fille de Christophe Oberkampf.

Bibliographie

  • Livres
    • CHOISY Albert, Notice généalogique et historique sur la famille Mallet de Genève, Imprimerie Atar, Genève, 1930
    • Collectif, Mallet Frères et Cie – 250 ans de banque, 1713-1963, Presses de Jean Ruchert, Paris, 1963
    • GRAND Christian, Trois siècles de banque de Neuflize, Schlumberger, Mallet 1667-1991, EPA, Paris, 1991

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