Georges Eugène Haussmann (1809-1891)

Préfet de la Seine sous le Second Empire.

Un grand connaisseur de la province française

  • Baron Georges Haussmann (1809-1891)
    Baron Georges Haussmann (1809-1891) © S.H.P.F.

Georges Eugène Haussmann est né à Paris dans une famille très attachée à sa foi protestante-luthérienne et dont les ancêtres au XVIe siècle ont fui les persécutions en Saxe puis en Alsace ; d’où son nom aux consonances germaniques dont il dit avoir souffert dans sa jeunesse.

Il fait des études rapides et brillantes et entre très tôt dans l’Administration préfectorale où son amitié avec le duc d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, facilite le démarrage de sa carrière.

Il est successivement secrétaire général de la préfecture de la Vienne, sous-préfet d’Yssingeaux, puis de Nérac, de Saint-Girons, de Blaye. Dans tous ces postes, il fait preuve d’une grande curiosité pour les problèmes de la région qu’il parcourt inlassablement à cheval et d’une énergie inépuisable au service des deux grandes urgences du moment : les routes et l’école.

Entre temps, fidèle au protestantisme, il épouse une jeune fille d’origine suisse, Octavie de Laharpe dont le frère est pasteur à Bordeaux.

Pendant la période troublée de la deuxième République, Haussmann manifeste ses qualités d’administrateur comme conseiller de la préfecture de la Gironde, préfet du Var, puis de l’Yonne et enfin préfet de la Gironde.

Après le coup d’état du 2 décembre 1851, puis le rétablissement de l’Empire, Napoléon III le récompense très vite en le nommant le 23 juin 1853 préfet de Seine.

Dans ses différentes préfectures plus ou moins fidèles au souvenir du 1er empire, il soutient les idées du prince président.

L'ordonnateur des grands travaux de Paris

Aux commandes de Paris dont la modernisation est un des grands projets de l’empereur, capable, dit ce dernier de « mobiliser tout un peuple » et d’être « le brevet de compétence » du nouveau régime.

Le but est de créer des voies de communication et des infrastructures qui faciliteront le commerce, mais aussi la vie quotidienne des habitants, leur assurant une meilleure hygiène et un niveau de vie plus élevé. Soutenu par Persigny, ministre de l’intérieur, Haussmann s’entoure d’une équipe dévouée et efficace, Dumas, le scientifique, Hittorff, Baltard, Ballu, Garnier, les architectes. Il est aussi aidé par Pereire et Rothschild, les banquiers rivaux mais toujours présents ; ainsi que par plusieurs banquiers protestants.

Le financement se fait par un système d’emprunt gagé par les recettes de la ville en constante augmentation et présenté comme le modèle de « dépenses productives », ingénieuse formule inventée par Persigny et Haussmann – mais qui à la fin fera accuser ce dernier d’avoir dilapidé les fonds publics.

Pendant seize ans, soutenu par la confiance de Napoléon III qui ne lui fera jamais défaut et grâce à son inépuisable énergie, Haussmann conduit la transformation du vieux Paris des rois en une capitale moderne qui sera un exemple pour toutes les villes européennes.

Pour finir, une anecdote qui montre la fidélité, et l’attachement d’Haussmann au souvenir de la Réforme en France : quand pour des nécessité de dégagement de la place entre la colonnade du Louvre et l’église Saint Germain l’Auxerrois, Achille Fould, ministre d’État soutenu par l’empereur Napoléon III, réclame la démolition de cet édifice, Haussmann pourtant convaincu du peu d’intérêt esthétique de l’église, s’y oppose parce que ce sont les cloches de Saint-Germain l’Auxerrois qui ont donné le signal de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572.

Bibliographie

  • Livres
    • CARMONA Matthew, Haussmann, Fayard, Paris, 2000

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