François d’Andelot (1521-1569)

François d’Andelot (1521-1569) est le plus jeune des trois frères Coligny, mais il est le premier à se convertir au calvinisme. La publicité qu’il donne à son engagement spirituel manque de lui coûter la vie et cet épisode l’engage à plus de discrétion. Il joue un rôle majeur dans les opérations militaires du parti huguenot dont son frère, l’amiral de Coligny, a pris la tête du parti huguenot avec le prince de Condé.

Le premier converti

  • François d’Andelot (1521-1569) © Wikimedia Commons
  • Claude de Rieux (1525-1561)
    Claude de Rieux (1525-1561) © Wikimedia Commons

François d’Andelot est le premier Coligny à se convertir au calvinisme au milieu de la décennie 1550. Captif des Espagnols depuis 1551, il est emprisonné à Milan : c’est en prison qu’il lit la Bible et probablement quelques ouvrages de Calvin. Libéré en 1556, il manifeste publiquement sa nouvelle foi en 1558, en organisant de nombreux prêches réformés tout au long du voyage qui le conduit de Paris jusque dans ses terres de Bretagne. Cet engagement lui vaut d’être à nouveau enfermé sur ordre du roi Henri II et de risquer le bûcher. Poussé à la modération par son épouse Claude de Rieux et par son frère le cardinal de Châtillon, il finit par accepter d’entendre une messe : il s’attire alors les foudres de Calvin.

Cet épisode malheureux influence considérablement Gaspard de Coligny, qui se convertit lui aussi au cours de sa captivité au château de Gand, entre 1557 et 1559, mais qui adopte à sa libération une réserve et une discrétion aux antipodes de la publicité recherchée à l’époque par Andelot.

L’impulsif

  • Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France
    Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France © SHPF

Le plus jeune des frères Coligny ne partage pas le calme, la tempérance et la modération de ses aînés. C’est un sanguin, un impulsif : il est notamment accusé d’avoir tué un capitaine allemand dans sa jeunesse, ou encore d’avoir commandité l’assassinat du capitaine Charry en 1563. À en croire le récit laissé par François de La Noue, Andelot joue un rôle déterminant dans le déclenchement de la seconde guerre de Religion en 1567.

Face à la multiplication des infractions faites à l’édit et redoutant que Catherine de Médicis ait juré une alliance avec la très catholique Espagne lors de l’entrevue de Bayonne en 1565, les chefs réformés se réunissent à plusieurs reprises au cours de l’été 1567. Contrairement à son frère, l’amiral de Coligny, qui prône la temporisation, Andelot refuse d’endurer plus longtemps la violence des catholiques et appelle à prendre les armes. Plus éloquent, plus impulsif et plus énergique que son frère, il réussit à emporter l’assentiment d’une assemblée exclusivement composée de nobles d’épée.

L’infortune des armes

  • Bataille de Dreux (1562)
    Bataille de Dreux (1562) © Wikimedia Commons

Les qualités militaires de François d’Andelot sont reconnues par la quasi totalité de ses contemporains, jusqu’au duc de Guise lui-même qui le considère comme « le meilleur homme » de l’armée huguenote. En qualité de colonel-général de l’infanterie française, il a joué un rôle majeur dans les opérations militaires des trois premières guerres de Religion.

Lorsque la première guerre civile éclate en 1562, il est envoyé en Allemagne afin d’y lever des troupes ;  de retour qu’au mois de novembre, il est totalement affaibli par une fièvre qui ne le quitte pas avant la signature de la paix d’Amboise en mars 1563 : il ne peut participer que quelques minutes à la bataille de Dreux (décembre 1562), entre deux accès de fièvre. Il supervise la prise d’Orléans en avril 1562, et en assume la défense au début de l’année 1563 contre l’armée conduite par le duc François de Guise.

Quatre ans plus tard, en 1567, le prince de Condé l’envoie avec une partie de l’armée surprendre la ville de Poissy tandis que le reste des troupes affronte les forces royales à Saint-Denis. En 1568, il assure le bon déroulement de la traversée de la Loire par les armées protestantes. À Jarnac, le 13 mars 1569, son rôle est totalement occulté par la mort du prince de Condé.

Le 27 mai 1569, à Saintes, une ultime fièvre finit par l’emporter, à l’âge de 48 ans.

Auteur : D'après Nicolas Breton

Bibliographie

  • Livres
    • CLOUARD Emile, Le protestantisme en Bretagne au XVIe siècle. Étude historique et critique, Mémoires de la société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 1936-1937-1938, Tome 17-18-19, p. 21-169 / 27-121 / 1-64
    • DAUSSY Hugues, Le parti huguenot. Chronique d’une désillusion (1557-1572), Droz, Genève, 2014
    • DAUSSY Hugues, Les enjeux politiques d’une conversion. Les relations épistolaires entre Jean Calvin, Jean Macar et François d’Andelot en 1558, dans Hervé GUILLEMAIN, Stéphane TISON et Nadine VIVIER (dir.), La foi dans le siècle. Mélanges offerts à Brigitte Waché, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 253-261
    • JOXE Roger, Les protestants du comté de Nantes au seizième siècle et au début du dix-septième siècle, Jeanne Laffitte, Marseille, 1982

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