François Boissy d’Anglas (1756-1826)

François Boissy d’Anglas est un des membres le plus important de la communauté protestante lors de la Révolution et au cours des différents régimes qui marquent le début du XIXe siècle.

Une existence marquée par la Révolution

  • Boissy d'Anglas (1756-1826)
    Boissy d’Anglas (1756-1826) © S.H.P.F.

Il nait en 1756 à Saint-Jean-Chambre (Ardèche) dans une famille réformée. Son père est médecin. Il commence sa carrière comme avocat à Paris.

Député aux Assemblées révolutionnaires où il représente la circonscription d’Annonay, il défend les hommes de couleur, protège les libertés des protestants et des prêtres réfractaires ; il sera accusé de vouloir une République protestante.

Avec une partie des Girondins il vote le bannissement de Louis XVI, puis son sursis (janvier 1793). Proche des Girondins, il échappe à leur arrestation.

Après le 9 thermidor il est élu président de la Convention (Conseil des Cinq cents institué par la Convention du 22 août 1795).

Son rôle modéré est illustré par la journée dite du «1er prairial» (20 mai 1795) au cours de laquelle, la salle étant envahie par une foule portant la tête d’un député, il salue dignement celle-ci et refuse de céder aux pressions des révolutionnaires.

Auparavant, il avait été le promoteur du décret du 3 ventôse, instituant la séparation des Églises et de l’État et la liberté des cultes. Il participe à la rédaction de la Constitution de l’an III (1795), qui institue le respect de la propriété et le service militaire.

Sous le Directoire, il est membre du Conseil des Cinq cents.

Proscrit le 18 fructidor an V (septembre 1797), il se réfugie en Angleterre. ll revient en France après le 18 brumaire (novembre 1799) et se rallie au Consulat. Il est successivement membre du Tribunat, qu’il préside brièvement en 1803, et du Sénat.

Il est fait comte d’Empire.

Sous la Restauration, rallié à Louis XVIII, il est nommé pair de France.

En 1814, il est membre de la commission chargée de préparer la Charte (constitution politique octroyée par Louis XVIII ) et demande l’égalité des protestants par rapport aux catholiques. Il a un rôle pacificateur lors de la Terreur Blanche de 1815, et défend la liberté des huguenots vis-à-vis des manifestations catholiques. Il est vice-président de la société biblique et membre de 1803 à 1826 du Consistoire de l’Église réformée de Paris.

Bibliographie

  • Livres
    • CABANEL Patrick et ENCREVE André , Dictionnaire biographique des protestants français, de 1787 à nos jours, Editions de Paris - Max Chaleil, Paris, 2015, Tome 1 : A-C

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