Élisée Reclus (1830-1905)

Élisée Reclus voue son existence à l’exploration de la planète et à la publication de livres pour la magnifier. Il est également connu pour sa défense de l’idéal anarchiste.

Une vie très engagée

  •  Élisée Reclus (1830-1904) géographe et propagandiste anarchiste
    Élisée Reclus (1830-1904) géographe et propagandiste anarchiste © Collection privée

Élisée Reclus naît à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) dans une grande fratrie puisque son père, pasteur puis professeur au collège protestant de Sainte Foy, a quatorze enfants.

Il débute ses études au collège de Sainte-Foy, puis à 12 ans comme son frère Élie, il part pour le collège des Frères Moraves, sur les bords du Rhin, qui reçoit des élèves de tous les pays. Il commence ensuite des études de théologie à Montauban, mais en est exclu au bout de quelques mois pour son indiscipline et son ardent républicanisme ; il se consacre alors à des études de géographie à Berlin.

Lors du coup d’état de Napoléon III en 1851, Élisée et son frère Élie défendent les idées républicaines, ils veulent constituer un groupe d’opposants au nouveau régime ; à la veille d’être arrêtés, ils s’enfuient en Angleterre ; Élisée va même jusqu’aux États-Unis où il est précepteur dans une famille de planteurs, près de la Nouvelle-Orléans.

De retour à Paris à la Société de Géographie, il parcourt néanmoins l’Europe, écrit de nombreux ouvrages dont la Terre, prend contact avec l’anarchiste russe Bakounine et adhère publiquement à l’anarchisme.

En 1871, ayant combattu dans l’armée de la Commune de Paris, il est fait prisonnier, condamné à la déportation ; mais les savants étrangers se mobilisent pour lui ; le gouvernement français, devant ces longues listes de signatures, commue sa peine en dix années de bannissement. Il est transféré en Suisse, y retrouve Élie ; il commence sa grande œuvre, la Nouvelle géographie universelle (19 volumes).

En 1880, grâce à l’amnistie pour les faits de la Commune, il revient à Paris, puis il devient titulaire d’une chaire de géographie à l’Université libre de Bruxelles. Il meurt dans cette ville en 1905.

Son orientation idéologique, républicaine et anarchiste imprègne toute son œuvre

Il adhère à un idéal de libre conscience et de fraternité, qu’il applique autant au domaine scientifique que politique. Il voudrait que les hommes s’organisent en petits groupes indépendants.

Par sa correspondance, ses conférences, ses livres, il fait de la propagande pour les anarchistes ; il aide Bakounine à publier ses œuvres ; en 1897 il écrit dans l’évolution, la révolution et l’idéal anarchique : « Notre destinée, c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous la tutelle d’un gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre ».

Il a rejeté le christianisme, mais la morale est la base de sa pensée politique et sociale.

Il croit à la fraternité, des individus et de tous les peuples de la terre ; il crée en 1864, avec son frère Élie, une banque ouvrière : le Crédit du Travail.

Bibliographie

  • Livres
    • GONOD Roger, Élisée Reclus, prophète de l’idéal anarchiste, Presses de Covedi, Paris, 1996

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