Deuxième guerre de Religion (1567-1568)

19 mars 1563 : Paix d’Amboise

Janvier 1564 : Catherine de Médicis entame le « grand tour de France »

27 mai 1564 : Mort de Jean Calvin

Juin-Juillet 1565 : Entrevue de Bayonne avec les représentants de Philippe II

Août 1566 : Soulèvement calviniste des Pays-Bas espagnols

Juin 1567 : Le pape Pie V condamne les protestants

26 septembre 1567 : La « surprise de Meaux »

30 septembre 1567 : Massacre de catholiques à Nîmes, la « Michelade »

Automne 1567 : Soulèvement du Midi

10 novembre 1567 : Victoire royale à la bataille de Saint-Denis. Le 12, mort du connétable Anne de Montmorency. L’électeur palatin Frédéric III envoie des troupes à Gaspard de Coligny

23 mars 1568 : Édit de Longjumeau

Temps de paix

  • Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France
    Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France © SHPF
  • Les trois frères Coligny
    Les trois frères Coligny © S.H.P.F.
  • Anne de Montmorency (1493-1567) © Collection privée
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Pendant les quatre années qui suivent la paix d’Amboise, imposée par Catherine de Médicis, la situation reste fragile : procès engagé contre les protestants qui ont pillé les églises, attaques et tueries par des bandes organisées dont les protestants, moins nombreux, sont les victimes. Chaque camp engage des mercenaires pour assurer sa sécurité. Les tentatives d’obliger les parlements rebelles à enregistrer l’édit et les ordonnances se heurtent au fanatisme religieux. Certains gouverneurs, surtout ceux du Midi, ne suivent pas les instructions royales, lèvent les impôts et s’opposent aux décisions de justice. L’unité du royaume est menacée.

En janvier 1564, Catherine de Médicis, sachant le profond attachement des Français à leur souverain, décide que la Cour, avec le jeune Charles IX, son frère Henri d’Orléans, le jeune prince Henri de Navarre âgé de 11 ans, le connétable Anne de Montmorency et le cardinal Charles de Lorraine doit faire un grand tour de France, pour montrer le roi et mettre en scène le prestige de la monarchie.

Á la demande de Philippe II, qui envoie sa femme Élisabeth (fille de Catherine de Médicis), la reine a, à Bayonne, une entrevue politique avec le duc d’Albe (15 juin – 2 juillet 1565). Ce dernier demande l’expulsion de tous les pasteurs de France, l’acceptation des décisions du Concile de Trente, ainsi que l’accentuation de la répression. La négociation échoue, avec de vagues promesses de Catherine de Médicis.

Ce voyage va durer près de deux ans et demi, de janvier 1564 à mai 1566, date à laquelle le roi est de retour à Paris. Tout au long de cette expédition, Catherine de Médicis constate le loyalisme des populations, même huguenotes, un catholicisme dominant, et un calme apparent.

Elle pense que la pacification du royaume est établie. Mais, en août 1566, Philippe II envoie du Milanais en Flandre espagnole une armée pour réprimer la révolte des protestants. Cette armée très nombreuse traverse la Savoie et la Franche-Comté, longeant ainsi les frontières de la France.

Les protestants s’inquiètent, d’autant que les résultats de l’entrevue de Bayonne sont restés secrets. Les chefs protestants, comme François d’Andelot, ne sont plus obéis par leurs troupes catholiques. Le prince Louis de Condé se fait insulter publiquement par le jeune duc d’Anjou, âgé de 16 ans, prétendant commander à sa place comme lieutenant général.

En juin 1567, le pape Pie V condamne les huguenots. Les chefs huguenots, Louis de Condé, Gaspard de Coligny et François d’Andelot, quittent la Cour. Ils sont décidés à reprendre les armes dès l’automne 1567. Leur inquiétude devant l’influence grandissante du cardinal Charles de Lorraine sur le jeune roi Charles IX les amène à envisager un coup de force pour soustraire le roi à cette emprise.

C’est ce que l’on a appelé la surprise de Meaux. Mais, le roi, prévenu, déjoue cette tentative et, depuis Meaux, regagne Paris sous la protection des Suisses. Cette date du 26 septembre 1567 est considérée comme marquant le début de la deuxième guerre de Religion, Le pouvoir royal défié décide de confier au connétable Anne de Montmorency la conduite des hostilités.

Temps de guerre

  • Le massacre fait à Nîmes par les protestants (la Michelade) en 1567 © S.H.P.F.
  • Bataille de St Denis-1567
    Bataille de St Denis-1567 © S.H.P.F.
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Les villes du Dauphiné et du Midi, aux ordres de Louis de Condé, se soulèvent. Des violences surviennent de part et d’autre. Á Nîmes, à la Saint-Michel, le 30 septembre 1567, c’est la Michelade, où 80 notables, prêtres, religieux sont précipités dans le puits de la cour de l’évêché. Montauban repasse aux protestants, ainsi qu’Orléans.

Paris est assiégé par l’armée de Louis de Condé, installée à Saint-Denis. Dans Paris, les catholiques s’en prennent violemment aux huguenots. L’armée royale, aux ordres du connétable Anne de Montmorency décide de sortir de Paris. Elle aligne près de 20 000 soldats, les huguenots environ 5 000.

La bataille de Saint-Denis (10 novembre 1567) dure 2 heures, et reste indécise. Au cours de la bataille, le connétable Anne de Montmorency, blessé, refuse de se rendre, mais reçoit un coup de pistolet dans le dos ; dégagé par ses fils, il meurt 2 jours plus tard. Des funérailles somptueuses sont organisées en sa mémoire. Des secours de l’étranger viennent renforcer les deux partis. Le prince calviniste Frédéric III, électeur palatin, envoie en France, à travers la Lorraine, près de 10 000 reitres, armée que Gaspard de Coligny rejoint au début de l’année 1568. Du Midi viennent 4 000 hommes, qui rejoignent les troupes de Louis de Condé, assiégeant Chartres. Les troupes italiennes et suisses viennent renforcer l’armée du roi, mais les protestants au nombre de 30 000 sont menaçants. Paris est à nouveau assiégé. Les deux partis sont épuisés. Les rigueurs de l’hiver, le manque de ressources imposent une négociation.

Á l’issue de longues négociations, une paix est signée le 23 mars 1568 : c’est l’édit de Longjumeau qui rétablit l’édit d’Amboise. Mais les places de sûreté demandées par les protestants sont refusées, à l’exception de La Rochelle. Bien qu’apparaissant plutôt comme favorable aux protestants, l’édit ne se traduit que par une trêve. La guerre avait eu lieu pour rien.

Devant l’échec de sa politique de modération, Catherine de Médicis renvoie en mai 1568 le chancelier Michel de l’Hospital, pour qui le maintien de la monarchie était beaucoup plus important que l’unité religieuse. La régente adopte la cause du parti catholique.

Bibliographie

  • Livres
    • COTTRET Bernard, 1598, L’édit de Nantes, Perrin, Paris, 1997
    • GARRISSON Janine, Henri IV, Le Seuil, rééd. 2008, Paris, 1984
    • GARRISSON Janine, Les protestants au XVIe siècle, Fayard, 1997
    • LE ROUX Nicolas, Les guerres de religion 1559/1629, Belin, 2009
    • MIQUEL Pierre, Les guerres de religion, Fayard, Paris, 1980

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