Biographie
de Sébastien Castellion

Apôtre de la tolérance au XVIe siècle.

Sa jeunesse

  • Strasbourg © Église réformée de Savoie

Il naît en 1515 de parents pauvres mais d’une probité rigide à Saint Martin du Fresne (Ain), où « habitaient quelques uns de ces Vaudois qui s’étaient réfugiés au XIIIe siècle dans les montagnes du Bugey, où ils étaient bien accueillis par les seigneurs, mais très mal par le clergé » (E. Chevrier, le protestantisme dans l’Ain). Cette ville dépend alors de l’état de Savoie.

« De riches personnes ayant remarqué son intelligence, lui firent donner de l’instruction. »

Il fait ses études à Lyon au collège de la Trinité, où il acquiert une connaissance approfondie du latin, du grec et de l’hébreu. Puis il sera placé comme précepteur de trois enfants nobles.

Lyon, où le mouvement de la Renaissance des lettres avait l’un de ses centres d’action, où beaucoup d’humanistes inclinèrent peu à peu du coté du protestantisme.

En 1536, Castellion découvre en 1536 l’Institution de la religion chrétienne de Calvin.

En 1540, il arrive à Strasbourg ; Cela fait dix-sept ans que Bucer, l’un des premiers disciples de Luther, a fondé la première église luthérienne dans cette ville libre du Saint Empire romain germanique. Lorsque Calvin quitte une première fois Genève, en 1538, Bucer fait appel à celui-ci pour s’occuper, comme pasteur, des réfugiés français.

Castellion loge quelque temps chez Calvin. Il se distingue en soignant les malades lors d’une épidémie de peste.

Genève puis Bâle

  • Genève © British Museum
  • Münster von Basel © Église réformée de Savoie
  • Epitaph von Castellion in Basel © Église réformée de Savoie

En 1541, Calvin de retour à Genève, après trois ans d’exil fait appel à Castellion pour devenir Régent du Collège qu’il a créé. Sébastien Castellion se marie et a des enfants.

Mais des querelles théologiques l’opposent à Calvin : « J’aime son savoir, écrit Calvin à Viret, je voudrais seulement qu’il abdiquât la confiance qu’il a dans je ne sais quelle doctrine moyenne, dont il poursuit la chimère ».

Calvin refuse qu’il soit nommé pasteur, et Castellion quitte Genève pour Bâle où il passera le reste de sa vie.

En 1544, à Bâle, Castellion mène une existence en dessous du seuil de pauvreté pendant de longues années. Pour nourrir sa famille, (il aura huit enfants), il sera correcteur d’imprimerie, porteur d’eau, scieur.

En 1553, il devient professeur de grec à l’Université de Bâle. Le 27 octobre de la même année, Michel Servet est brûlé à Genève : c’est le début d’un grand débat sur la tolérance auquel Castellion prend part avec force et conviction.

En 1563, Castellion meurt dans l’indifférence générale. Montaigne sera l’un des rares, en son temps, à lui rendre hommage pour le combat mené contre la violence religieuse. Il dénonce dans ses Essais la grande honte du siècle de l’avoir laissé mourir en état « de n’avoir pas eu, ainsi que Grégorius en Italie, leur soul à manger ».

Trois jeunes Polonais, que sa réputation avait attirés à Bâle, font graver sur son tombeau, dans le cloître de la cathédrale l’inscription suivante :

A Yaveh très bon et très grand
A Sébastien Castellion savoyard
Célèbre professeur de grec à l'Académie de Bâle,
Homme très cher aux érudits pour sa
Grande science et l’intégrité de sa vie
Précepteur très bon et très fidèle
Stanislas Starzechowski
Jean Ostrorog
Et Georges Niemsta,
Eux qui l’ont entendu,
Ont élevé ce monument eu égard à sa popularité,
En témoignage de deuil et de leur propre
Piété envers son heureuse mémoire.
Endormi dans le Seigneur
L’année du salut en Christ
1563
3ème calendes de janvier
Âgé de 48 ans.

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