Théodore de Bèze (1519-1605)

Écrivain et théologien, il recueille à Genève la succession de Calvin.

Un humaniste disciple de Calvin

  • Théodore de Bèze (1519-1605)
    Théodore de Bèze (1519-1605) © S.H.P.F.
  • Théodore de Bèze
    Théodore de Bèze © S.H.P.F.

Théodore de Bèze est né à Vézelay en Bourgogne en 1519. Il fait des études littéraires et juridiques à Orléans et Paris. Il s’intéresse vivement aux idées réformées tout en initiant une brillante carrière d’homme de lettres. C’est une grave maladie qui l’amène à la Réforme (1548).

Il est alors contraint à l’exil et devient professeur de grec à Lausanne, puis professeur de théologie et pasteur à Genève. Il est le premier recteur de l’Académie que Calvin vient de fonder à Genève en 1559.

Lors de la première guerre de religion, il est aumônier de l’armée de Condé. Il dirige la délégation protestante au Colloque de Poissy (1561). Il préside le synode de la Rochelle en 1571 durant lequel la Confession de foi des Églises réformées de France est adoptée.

De retour à Genève en 1563, il succède à Calvin à la direction de l’Église de Genève et reste le fidèle continuateur de son œuvre. Il assure après lui la direction ecclésiastique et intellectuelle du mouvement réformé international.

Théodore de Bèze homme de lettres

  • Théodore de Bèze, Devise faisant allusion aux persécutions
    Théodore de Bèze, Devise faisant allusion aux persécutions © S.H.P.F.

Il compose une tragédie biblique Abraham sacrifiant en 1550, peut-être l’œuvre littéraire la plus accomplie qu’il ait laissée, œuvre qui mêle habilement l’héritage humaniste et la conscience chrétienne.

La Confession de la foi chrétienne, parue en français en 1559, puis en latin en 1560 résume de façon systématique la doctrine réformée.

En 1561, continuant l’œuvre entreprise par Clément Marot, Théodore de Bèze termine la transposition des Psaumes en vers français, qui seront ensuite mis en musique dans le Psautier de Genève.

Du droit des magistrats sur leurs sujets fait partie des ouvrages écrits par des auteurs protestants à la suite de la Saint-Barthélemy et qui légitiment une résistance constitutionnelle à l’égard d’un gouvernement devenu tyrannique. Avec cet ouvrage, Théodore de Bèze fait partie des monarchomaques.

Sa Correspondance est considérable. Elle est échangée avec les théologiens, les hommes politiques et les écrivains de l’Europe entière.

Bibliographie

  • Livres
    • BÈZE Théodore (de), Correspondance, éd. par DUFOUR Alain, NICOLLIER Béatrice et GENTON Hervé, Droz, Genève, 1960-2001, Volume 23
    • BÈZE Théodore (de), Un grand de l’Europe, Bergers et Mages, 2000
    • BEZE Théodore de, La vie de Jean Calvin, Europresse, 1993
    • Collectif, Théodore de Bèze (1519-1605), Actes du colloque de Genève, septembre 2005, Droz, Genève, 2007
    • DE BÈZE Théodore, Du droit des magistrats sur leurs sujets (1574), éd. par R.M. Kingdon, Droz, Genève, 1971
    • GEISENDORF Paul-Frédéric, Théodore de Bèze, Labor et Fides, Genève, 1949
    • HAMON Léo (dir.), Un siècle et demi d’histoire protestante : Théodore de Bèze et les protestants sujets du roi, Les Entretiens d'Auxerre , n°3, Éd. de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1989, p. 127
    • MELLET Paul-Alexis, Et de sa bouche sortait un glaive : les monarchomaques au XVIe siècle, Droz, Genève, 2006
    • WANEGFFELEN Thierry, L’humaniste, le protestant et le clerc : de l’anticléricalisme croyant au XVIe siècle, Presses universitaires Blaise Pascal, 2004

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