Marie Durand (1711-1776)

Marie Durand est, pour les protestants français, la figure emblématique de la résistance à l’intolérance religieuse, après la révocation de l’Édit de Nantes.

L'enfance de Marie

  • Marie Durand (1711-1776)
    Marie Durand (1711-1776) © S.H.P.F.

Marie Durand, sœur du pasteur Pierre Durand, naquit en 1711,dans le hameau du Bouschet de Pranles en plein Vivarais.

La famille Durand soutenait clandestinement sa foi par la lecture quotidienne de la Bible.

Pierre Durand, né en 1700, jeune prédicateur, organisa une assemblée clandestine en 1719. Cette assemblée, dénoncée par un voisin, fut surprise par les soldats du roi. C’est alors que la mère de Pierre et Marie, Claudine Gamonet, disparut.

Pierre devait avoir un rôle important dans les Églises du Vivarais pour lesquelles il essayait de mettre en applications les décisions prises au Synode du Languedoc de mai 1721. Consacré en 1726, il est pasteur clandestin itinérant en Vivarais. Poursuivi, il échappe aux recherches pendant plusieurs années.

En 1729, afin de faire pression sur la famille, l’Intendant du roi fait arrêter le père, Étienne Durand, qui est emprisonné au fort de Brescou. Puis, en 1730, Marie et son mari, Matthieu Serres sont arrêtés. Celui-ci est envoyé au Fort de Brescou tandis que Marie, âgée de 19 ans, est emprisonnée à la Tour de Constance.

Pierre est finalement arrêté en 1732 et exécuté à Montpellier le 22 avril.

Après 38 années de prison dans la Tour de Constance, Marie est libérée en 1768 ; retirée  au Bouschet de Pranles, elle mourra 8 ans plus tard en 1776.

La prisonnière de la Tour de Constance

  • Prisonnières huguenotes à la Tour de Constance, tableau de Jeanne Lombard
    Prisonnières huguenotes à la Tour de Constance, tableau de Jeanne Lombard © Musée du Désert

On sait peu de choses des premières années de Marie dans cette prison, où sur la trentaine de femmes incarcérées, elle retrouve plusieurs vivaroises. Elle était la plus jeune, mais dans l’épreuve sa foi s’affermit ; la douleur causée par le martyre de son frère deux ans après son propre emprisonnement, son courage, sa résignation lui donnent vite un grand ascendant sur ses compagnes. Elle soutient les plus découragées, lutte avec elles contre les tentations de l’abjuration qui ouvre les portes de la prison et devient l’âme de cette résistance aux pressions de la hiérarchie catholique pour favoriser les conversions.

L’inscription « RESISTER » gravée sur la margelle du puits de la prison, est attribuée sans vraie certitude à Marie Durand, mais elle symbolise pour le peuple protestant la foi et l’exhortation à l’espérance de ces témoins au temps du Désert.

Les Lettres de Marie Durand

  • « résister », inscription à la Tour de Constance
    « résister », inscription à la Tour de Constance © O. d'Haussonville

Il existe une cinquantaine de lettres de Marie Durand, qui ont été publiées. Les lettres représentaient l’unique lien des prisonnières avec le monde extérieur. Ce sont :

  • des suppliques pour demander du secours,
  • des remerciements aux rares donateurs,
  • des nouvelles au pasteur Paul Rabaut de Nîmes qui s’occupait des prisonnières,
  • quelques lettres personnelles à la fille de son frère, Anne Durand réfugiée à Genève.

Bibliographie

  • Livres
    • BASTIDE Samuel, Les prisonnières de la Tour de Constance, Musée du Désert, 1901
    • BENOIT Daniel, Marie Durand, prisonnière à la Tour de Constance de 1730 à 1768 : son temps, sa famille, ses compagnes de captivité, Edipro, 2008, p. 174
    • FABRE André, Marie Durand, prisonnière de la Tour de Constance, 1712-1768, Nouvelle Société d'édition de Toulouse, Dieulefit, 1935
    • GAMONNET Étienne, Lettres de Marie Durand, Presses du Languedoc, Montpellier, 1986
    • GAMONNET Étienne, Pierre Durand, E.et C. Editions, 2002

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