Les théologies féministes

Les théologies féministes s’inscrivent dans le grand mouvement de revendication des femmes, né il y a un demi siècle environ aux États-Unis, en faveur d’une ré-évaluation de leur place dans la société et dans l’Église.

Relire la Bible sans occulter le rôle des femmes

  • La pasteure Elisabeth Parmentier
    La pasteure Elisabeth Parmentier © Collection privée

En effet de nombreuses théologiennes américaines, mais aussi allemandes, prennent conscience dans les années 1960 de l’exclusion historique des femmes de toutes les activités liées au ministère et du langage de l’expérience religieuse ; elles dénoncent l’omni-présence du masculin dans les représentations liées au symbolisme religieux. Elles dénoncent par exemple l’image prédominante de la paternité de Dieu, justifiant par ses caractéristiques masculines la domination des femmes par les hommes considérés naturellement plus proches de Dieu.

Ces idées imposent implicitement l’autorité masculine dans la famille comme dans l’Église en occultant le rôle essentiel des femmes dans la transmission de la foi.

Un travail biblique approfondi a permis une redécouverte des passages de la Bible représentant des aspects féminins et maternels de Dieu mais les « filles prodigues », comme les appelle Elisabeth Parmentier, théologienne française spécialiste de la question, souhaitent plus : une nécessaire transformation de l’Église et un dialogue entre les théologies féministes et celles de la tradition chrétienne classique, jusqu’à présent plutôt installées dans la confrontation.

Les féministes, pour la plupart, rappellent avec force qu’elles sont l’Église au même titre que les hommes. Elles souhaitent voir déboucher la dynamique de l’Évangile sur une accession de chacune à l’autorité de transformer les structures qui emprisonnent les croyants.

La diversité des théologies féministes

  • Dorothée Sölle
    Dorothée Sölle © Collection privée

Les théologies féministes très largement représentées en Allemagne et aux États-Unis, se partagent en 2 courants :

  • Un courant radical où les théologiennes se disent post-chrétiennes, critiquant de façon absolue « l’andro-centrisme » couramment répandu. Elles veulent, comme le dira la théologienne allemande Dorothée Sölle, « non pas leur part-du gâteau mais un autre gâteau »,. Pour ce courant la Bible reste un texte fondamentalement patriarcal « impossible à sauver » et une nouvelle lecture avec la suprématie du féminin représenterait un nouveau départ pour la théologie chrétienne.
  • Un courant où l’herméneutique biblique permet la ré-interprétation du message évangélique dans un sens moins radical. La remise à l’honneur de certaines femmes telles Myriam, Deborah, Marie-Madeleine montre qu’il n’existe pas dans la Bible de message univoque sur les femmes. Les évolutions socio-culturelles, les mouvements d’émancipation dans les Églises, permettent de s’interroger objectivement sur le traitement que ces dernières ont fait subir aux femmes au cours de l’histoire.

« La conscientisation des femmes, dit Elisabeth Parmentier, s’inscrit dans le vaste panorama de lutte pour les droits de l’Homme, pour le partage de la parole et des prises de décisions, pour la possibilité de devenir des sujets libres et pensants ».

En ce sens, les théologies féministes s’apparentent à une forme de théologie de la Libération.

Avancement dans le parcours

Bibliographie

  • Documents
    • HAUSSER Elisabeth, Les théologies féminines | Fichier
  • Livres
    • PARMENTIER Élisabeth, Les filles prodigues. Défis des théologies féministes, Labor et Fides, 1998
    • SCHÜSSLER FIORENZA Elisabeth, En Mémoire d’elle. Essai de reconstruction des origines chrétiennes selon la théologie féministe, Le Cerf, Paris, 1986
    • TUNC Suzanne, Brève histoire des femmes chrétiennes, Le Cerf, Paris, 1986

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