Le libéralisme

Le libéralisme théologique se caractérise essentiellement par une grande liberté par rapport à la doctrine et une nouvelle façon de lire la Bible fondée sur la méthode historico-critique.

Origines du libéralisme

  • Samuel Vincent
    Samuel Vincent © S.H.P.F.

« Protestantisme libéral » désigne un éventail de thèmes et de mouvements plus ou moins proches les uns des autres et non un courant organisé.

Le protestantisme libéral a des sources au XVIe siècle (avec Castellion et Socin). Au XVIIIe siècle, l’influence de la philosophie des Lumières crée un climat favorable à son développement. Cette philosophie influence la théologie protestante universitaire en Suisse, et aussi l’enseignement donné au séminaire de Lausanne fondé sous les persécutions par Antoine Court pour former les pasteurs de France.

Le protestantisme libéral prend de l’ampleur et de la consistance théologiques au début du XIXe siècle avec l’œuvre de l’Allemand Frédéric Schleiermacher, que le pasteur Samuel Vincent fait connaître en France. Il domine la théologie universitaire en Allemagne, un peu moins en France, jusqu’à la première guerre mondiale.

Caractéristiques du libéralisme

  • Bible version synodale, XIXe siècle, Société biblique de France
    Bible version synodale, XIXe siècle, Société biblique de France © Collection privée

Au XIXe siècle, beaucoup d’intellectuels protestants français s’inscrivent dans la mouvance libérale qui se caractérise par les traits suivants :

  • Une grande attention à la culture. On ne veut pas, selon une expression de Schleiermacher, d’un « christianisme barbare », c’est-à-dire en décalage avec les idées et valeurs du monde moderne. On souhaite des pasteurs et des fidèles ayant un bon niveau d’instruction générale, et capables de participer aux grands débats intellectuels de l’heure. Le pasteur S. Vincent cherche à promouvoir, par la création d’une revue, la culture théologique des protestants français.
  • Le refus d’opposer la foi et la raison qui conduit à réduire le surnaturel dans le christianisme. Les libéraux veulent une foi pensée et réfléchie. À quelques exceptions près, ils ne sont cependant pas des rationalistes ni de purs intellectuels. Ils sont marqués par le romantisme de l’époque, insistent sur l’expérience religieuse, sur l’action concrète, et sur la rigueur morale, ce qui les rapproche des Réveils.
  • Un renversement de la notion de dogme, dans la ligne de Schleiermacher. Le dogme n’est pas considéré comme un objet de foi qui dit ce qu’il faut croire. On voit en lui une expression de la foi, qui dit comment un groupe humain, en fonction de sa culture et de sa sensibilité, a formulé ce qu’il croit. Il est donc relatif et révisable.
  • Une étude de la Bible selon les méthodes de la critique philologique et littéraire utilisées pour la littérature profane. À partir de 1850, les travaux des Allemands, en particulier de l’école radicale de Tübingen, parviennent en France. Les réactions sont diverses : enthousiastes chez certains, plus modérées chez d’autres, enfin très hostiles chez ceux qui craignent qu’ils ne détruisent l’autorité de la Bible et enlèvent à Jésus son caractère unique.

Les idées et les méthodes du libéralisme divisent le protestantisme. À la fin du XIXe siècle, les conflits s’apaisent car les libéraux les plus extrêmes ont quitté le ministère pastoral. Les débats se déplaceront et s’approfondiront sous l’influence du symbolo-fidéisme et du christianisme social.

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