John Wyclif (vers 1328-1384)
et les Lollards

Un précurseur de la Réforme en Angleterre

Wyclif, lointain précurseur de la Réforme, remet en cause le principe de l’autorité de la hiérarchie dans l’Église. Ses partisans, les lollards, sont à l’origine d’une révolte de paysans. Ils dénoncent l’Église établie.

Un contestataire de l'Église établie

  • John Wyclif (1330-1384)
    John Wyclif (1330-1384) © S.H.P.F.

Né dans une famille de petite noblesse du Yorkshire, John Wyclif fait de brillantes études à Oxford, scientifiques d’abord puis théologiques et il devient docteur en 1372. Il est professeur à Oxford puis entre au service du roi d’Angleterre.

À partir de 1374, il publie par fascicules une véritable somme théologique dans laquelle il expose sa doctrine :

On reproche à Wyclif de semer le désordre social. Sa doctrine est condamnée en 1382 par trois synodes tenus à Londres par les dominicains, mais lui-même n’est pas excommunié.

Ses idées se répandent partout grâce aux Lollards

Wyclif envoie de sa propre autorité ses disciples prêcher dans le royaume d’Angleterre ; ils sont appelés « Lollards ». Ceux-ci sont largement écoutés.

Leurs prédications contribuent, dans le Sussex et le Kent, à une révolte des paysans qui, massacrant nobles et clercs, envahissent Londres en 1381. Cette révolte est durement réprimée.

Leurs « Douze Conclusions » (1395) condamnent l’Église établie, les sacrements, les prières pour les morts, la confession. Les Lollards veulent la pratique d’une foi simple et « évangélique » : tout homme doit avoir le libre accès aux Écritures dans sa propre langue. On doit aux Lollards deux traductions de la Bible en anglais.

En 1401 un décret anglais condamne les hérétiques lollards au bûcher.

Une influence posthume

Les idées de Wyclif ont un rayonnement considérable en Angleterre et hors d’Angleterre, particulièrement à Prague et dans toute l’Europe centrale, où elles inspirent Jan Hus.

Longtemps après sa mort, le concile de Constance en 1415 le condamne comme hérétique. En 1528, ses ossements sont déterrés, brûlés et jetés dans la rivière Swift.

Le mouvement lollard annonce certaines idées de la Réforme et dispose favorablement l’opinion à accueillir la séparation de l’Église d’Angleterre d’avec Rome, décidée par Henri VIII en 1534.

Bibliographie

  • Livres
    • CONGAR Yves, L’église de saint Augustin à l’époque moderne, Paris, 1970
    • KENNY Anthony, Wyclif, Oxford University Press, Oxford, 1985

Notices associées

Au hasard des notices