Huitième guerre de Religion (1585-1598)

26 novembre 1580 : Traité de Fleix

10 juin 1584 : Mort du duc d’Anjou. Henri de Navarre devient l’héritier du trône

Septembre 1584 : Formation de la 2ème ligue

17 janvier 1585 : Traité de Joinville entre les Guise et Philippe II

31 mars 1585 : Proclamation de la « Sainte Ligue offensive et défensive »

7 juillet 1585 : Traité de Nemours imposé à Henri III, qui révoque les édits précédents

1586 : Succès du duc Anne de Joyeuse dans le Sud-ouest

20 octobre 1587 : Défaite des troupes royales à Coutras

Oct.–nov. 1587 : Victoire du duc de Guise sur les Allemands à Vimory (26 oct.) et Auneau (24 novembre)

1587 : Création à Paris d’une ligue roturière qui s’allie à celle des princes

9 mai 1588 : Entrée à Paris du duc Henri de Guise

12 mai 1588 : Journée des barricades. Fuite d’Henri III

15 juillet 1588 : Signature de l’édit d’Union confirmant le traité de Nemours

23 décembre 1588 : Assassinat du duc de Guise à Blois

24 décembre 1588 : Assassinat du cardinal de Guise. Soulèvement d’Orléans et de Paris

5 janvier 1589 : Mort de Catherine de Médicis

30 avril 1589 : Rapprochement des deux Henri à Plessis-Lès-Tours

2 août 1589 : Assassinat d’Henri III par Jacques Clément. Henri de Navarre devient roi sous le nom d’Henri IV

21 septembre 1589 : Victoire d’Henri IV à Arques

Octobre 1589 : Siège de Paris

14 mars 1560 : Victoire d’Henri IV à Ivry

Mai- septembre 1590 : Nouveau siège de Paris 1591 Paris aux mains des ligueurs et du duc Charles de Mayenne

1592 : Campagnes de Normandie

25 juillet 1593 : Abjuration d’Henri IV à Saint Denis

27 février 1594 : Sacre d’Henri IV à Chartres

22 mars 1594 : Henri IV entre à Paris

30 avril 1598 : Édit de Nantes

Temps de paix

  • Henri de Lorraine, Duc de Guise (1550-1588) © S.H.P.F.
  • François de Valois, Duc d'Alençon, 1572 © National Gallery of Art - Washington

La huitième guerre de Religion est souvent présentée comme la guerre des trois Henri : Henri III, Henri de Guise, Henri de Navarre. Ce dernier en sort vainqueur treize années plus tard.

La mort de François d’Alençon, duc d’Anjou et dernier frère du roi (10 juin 1584) fait d’Henri de Navarre l’héritier légitime du trône. La perspective d’un protestant sur le trône de France suscite la constitution de la seconde ligue ou « Sainte-Union » des catholiques, dont le chef est Henri de Guise, le Balafré. Il est accompagné par ses deux frères, Charles, duc de Mayenne et Louis, cardinal archevêque de Reims. Henri de Guise s’organise. Il signe avec Philippe II (qui redoute l’appui d’Henri III aux calvinistes rebelles des Pays-Bas) le traité de Joinville (janvier 1585) qui lui assure un appui financier.

En mars 1585, il proclame la « Sainte Ligue offensive et défensive et perpétuelle… pour la défense et la conservation de la religion catholique apostolique et romaine, et l’extirpation des hérésies ». Les héritiers hérétiques de la famille des Bourbons sont exclus du trône, le cardinal Charles de Bourbon (frère d’Antoine et de Louis 1er, prince de Condé) est proclamé le seul candidat sous le nom de Charles X. Cette déclaration déclenche la huitième guerre de Religion.

 

Temps de guerre

  • Henri III © Collection privée
  • Anne Duc de Joyeuse © S.H.P.F.

La Ligue prend le contrôle du Nord de la France. Seules les villes du Midi, Bordeaux et Marseille, restent fidèles au roi. Le duc Henri de Guise impose à Henri III isolé dans Paris la signature du traité de Nemours (7 juillet 1585). L’édit qui en suit, enregistré au Parlement de Paris dès le lendemain, est un reniement de la politique de tolérance civile. Il supprime non seulement la liberté du culte, mais également la liberté de conscience. Il stipule que les calvinistes ont six mois pour choisir entre l’abjuration et l’exil, que les pasteurs sont bannis et que les places de sûreté doivent être rendues. Le roi de Navarre (futur Henri IV) est officiellement écarté de la succession, ce dernier point étant renforcé par une bulle du pape Sixte Quint. Les princes ligueurs reçoivent d’importantes pensions et places de sûreté.

Les combats recommencent. Henri de Navarre tient les provinces du Midi. Il obtient le soutien d’Élisabeth II et des princes protestants du Danemark et d’Allemagne : il proclame que ces armées étrangères ne s’opposent pas au roi, mais à la tyrannie des Guise. Les opérations militaires royales, dirigées par le duc Anne de Joyeuse dans le Sud-ouest entraînent à nouveau des actes de violence. Les exécutions des prisonniers, égorgés, sont célébrées par les prédicateurs catholiques. Par contre, la bataille de Coutras (20 octobre 1587) est une défaite de l’armée royale conduite par le duc Anne de Joyeuse, qui y perd la vie. Henri III fait rendre le corps à la famille, et assiste à une messe en l’honneur des ennemis tués.

 

  • Journées des barricades en 1588 © Collection privée
  • Henri de Lorraine, Duc de Guise (1550-1588) © S.H.P.F.

Á Paris, naît une ligue roturière qui s’allie à la Ligue des princes. Les bourgeois s’organisent, les chefs du mouvement appelés « les seize » en référence au découpage par quartier, s’activent. Libelles et pamphlets prolifèrent à la gloire des Guise. Le pouvoir royal est remis en cause.

L’exécution de Marie Stuart (8 février 1587), reine de France puis d’Ecosse, cousine des Guise, symbolise l’inhumanité de la Réforme. Cet acte déclenche des prédications enflammées, accusant le roi d’être complice d’Élisabeth d’Angleterre. Alors qu’Henri III a interdit au duc Henri de Guise de revenir à Paris, ce dernier fait son entrée dans la ville le 9 mai 1588, acclamé par la foule. Conscient du danger, Henri III fait entrer dans la ville ses troupes qui vont prendre position sur tous les lieux névralgiques.

Les Parisiens sont pris de panique, craignant une Saint-Barthélemy à l’envers. Pour se défendre, la ville se soulève : c’est la « journée des barricades » (12 mai 1588). Les troupes royales sont bloquées par la foule, les gardes suisses sont massacrés, les ligueurs contrôlent la capitale. Henri III, humilié, se réfugie à Chartres et le 15 juillet 1588 signe l’édit d’Union, confirmant les dispositions de l’édit de Nemours. Le duc Henri de Guise est nommé lieutenant général des armées royales. Les plus extrémistes des catholiques triomphent.

 

  • Assassinat du Duc de Guise
    Assassinat du Duc de Guise © B.P.U. Genève
  • Charles de Lorraine (1554-1611) Duc de Mayenne © Collection privée

La réunion promise des états généraux se tient à Blois. Le 18 octobre 1588, devant les délégués des trois ordres rassemblés, dominés par les ligueurs, le roi cède et prête serment de suivre l’édit d’Union pour abolir l’hérésie. Les ligueurs sont parvenus à imposer au roi de reconnaître, notion inouïe, que la religion l’emporte sur la loi salique pour désigner son successeur. Mais dans sa déclaration, le roi met également en garde les ligueurs, qui, loin de renforcer le catholicisme, le mettent en danger par leurs menées factieuses. Aussi, après avoir remanié son gouvernement, le roi se décide à décapiter la Ligue, parti qu’il juge dangereux pour la monarchie et la paix.

Le 23 décembre 1588, dans le château de Blois, le duc de Guise appelé par le roi est poignardé par les « Quarante Cinq » gardes du roi, son corps découpé est jeté dans la cheminée, pour éviter qu’il ne devienne la relique d’un martyr. Le cardinal de Guise est exécuté le lendemain, les membres de la famille des Guise arrêtés.

La nouvelle de la mort du duc Henri de Guise se diffuse immédiatement. Le 24 décembre 1588, Paris prend les armes. Le 7 janvier 1589 la Sorbonne proclame la déchéance du « roi tyran ». Les signes extérieurs de la monarchie sont détruits, les images du roi sont lacérées ; on a recours aux ressources de la magie noire en perçant d’épingles son effigie. Des prières collectives de purification, des défilés de pénitents réunissent la population afin de refondre l’unité religieuse et de laver la souillure de l’hérésie. Henri III n’est plus le roi de la France, mais un tyran. La Sorbonne délie le peuple de son serment de fidélité au roi, certains recommandent de le tuer. Les députés au Parlement de Paris restés fidèles au roi, sont insultés et arrêtés. Le duc Charles de Mayenne est nommé lieutenant général par les ligueurs. Cette position contre le principe de royauté, soutenant que c’est le consentement populaire qui fait le roi, est un basculement idéologique : les ligueurs reprennent les idées des monarchomaques des années précédentes, alors qu’inversement les protestants prennent parti pour la monarchie de droit divin et la règle de succession.

 

  • Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623)
    Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623) © S.H.P.F.
  • Accord de Henri III avec Henri de Navarre (1588)
    Accord de Henri III avec Henri de Navarre (1588) © S.H.P.F.
  • Assassinat d'Henri III par Jacques Clément
    Assassinat d’Henri III par Jacques Clément © B.P.U. Genève

Henri III quitte Blois et se réfugie à Tours. La plupart des grandes villes de province, à l’exception de Bordeaux, Rennes, et des villes de la vallée de la Loire, sont aux mains des ligueurs. Henri III se rapproche du roi de Navarre, dont les troupes sont remontées jusqu’en Poitou. Ce dernier envoie Philippe Duplessis-Mornay signer une trêve avec Henri III, traité rendu public le 19 mars et enregistré au Parlement : les huguenots obtiennent la liberté de l’exercice du culte dans les places qu’ils occupent, et s’engagent à livrer au roi les villes dont ils s’empareraient. Le 30 avril, les deux Henri se rencontrent au Plessis-lès-Tours, accueillis par la foule aux cris de « vivent les rois ». Leurs deux armées se joignent, elles comportent 40 000 hommes et montent vers Paris dont les forces sont très faibles. Á Paris, les habitants se déchaînent contre leur souverain qui a fait alliance avec les hérétiques.

C’est alors, le 1er août 1589, que survient l’attentat du moine ligueur Jacques Clément : Henri III, poignardé au ventre, meurt dans la nuit, après avoir reconnu le roi de Navarre comme son successeur et l’avoir enjoint à abjurer et se faire catholique.

 

  • Charles de Lorraine (1554-1611) Duc de Mayenne © Collection privée

Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d’Henri IV, mais il doit conquérir son royaume. Ses compagnons huguenots le poussent à prendre le trône sans changer de religion. Les pamphlétaires calvinistes sont devenus des ardents défenseurs du principe monarchique. Rapidement (août 1589), le nouveau roi publie une déclaration dans laquelle il promet de ne rien changer en matière religieuse, de limiter l’exercice du culte réformé dans les lieux où il est déjà célébré, et de réunir un conseil chargé de l’instruire dans la foi catholique. En échange, les seigneurs doivent faire serment de fidélité, le reconnaissant comme leur prince naturel selon les lois fondamentales du royaume. Les réactions sont variées. Du côté catholique, de nombreux personnages, de grands parlementaires se rallient au nouveau roi : ces « politiques » sont hostiles aux Guise, aux Espagnols, et attachés, contre le pape, aux libertés de l’Église gallicane. Ils veulent le retour à l’ordre, l’arrêt des violences. D’autres posent comme condition la conversion du roi. D’autres encore se retirent sur leurs terres et attendent. Certains rejoignent la Ligue. Les protestants sont désorientés.

Paris est encore aux mains des ligueurs, qui célèbrent le régicide, justifié par des pamphlets d’une terrible violence contre ce « suppôt de Satan couronné ». Pour eux, le nouveau roi est le cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Un conseil général de l’Union est constitué autour du duc Charles de Mayenne, dernier des trois frères Guise. Ce conseil organise un véritable contre-État, s’attribuant tous les pouvoirs, en particulier la police et la levée des impôts. Ce conseil reconnait les organisations ligueuses qui se créent dans la plupart des villes de province. Dominées par les notables locaux, elles gardent une certaine autonomie. Elles s’opposent violemment aux troupes royales, faisant parfois régner la terreur comme à Marseille. Leur indépendance va jusqu’à ébaucher une Union du Sud-est avec le Lyonnais et la Provence.

Mais la Ligue n’a pas de véritable unité. Beaucoup de nobles restent réservés vis-à-vis de ces associations dominées par la bourgeoisie des hommes de loi, des marchands et des manieurs d’argent. Par ailleurs les rivalités existent parmi les chefs, beaucoup s’opposant à l’autorité croissante du duc Charles de Mayenne, lieutenant général de la Ligue.

Les années 1588 et 1589 voient Henri IV multiplier des actions en Normandie et autour de Paris. Vainqueur du duc Charles de Mayenne, à Arques, près de Dieppe (21 septembre 1589), les troupes royales, constituées de contingents protestants et catholiques, reprennent le siège de Paris, qui résiste.

 

  • Henri IV reçoit Sully blessé après la bataille d'Ivry (1590)
    Henri IV reçoit Sully blessé après la bataille d’Ivry (1590) © S.H.P.F.
  • Assassinat de Brisson © B.P.U. de Genève

En mars 1590, la fameuse bataille d’Ivry (14 mars 1590), près de Dreux, ouvre la voie pour un nouveau siège de Paris : il dura près de six mois. Bien que les milices parisiennes soient fortes de près de 50 000 hommes, les habitants sont angoissés. Les prédications exaltées et les processions spectaculaires de moines armés sont incessantes, avec l’encouragement du légat du pape. Des psaumes de pénitence sont chantés pour obtenir une protection divine. Le blocus autour de la ville est complet : la situation des Parisiens empire de jour en jour, faim et maladies tuent près de 30 000 habitants. Mais l’intervention des troupes espagnoles du duc de Parme, Alexandre Farnèse, oblige Henri IV à lever le siège en septembre 1590.

Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1591, il essaie par la ruse d’entrer dans Paris en envoyant des soldats déguisés en marchands de farine, échec connu sous le nom de « Journée des farines ». Dans la ville, les prêtres continuent à entretenir un climat d’exaltation, avec des injures contre le roi. Un climat de terreur s’établit avec les exécutions des « politiques » ordonnées par le conseil des Seize : le premier président du Parlement, Brisson, accusé de tiédeur, est pendu. Les « enragés » de la Ligue rêvent d’une nouvelle Saint-Barthélemy. Ces excès prennent fin avec le retour du duc Charles de Mayenne, qui élimine les plus enragés. Durant cette période, le cardinal de Bourbon, le roi Charles X des ligueurs, prisonnier des royaux, meurt (9 mai 1590).

 

  • François de Bonne, duc de Lesdiguières (1523-1626)
    François de Bonne, duc de Lesdiguières (1523-1626) © Wikipedia Commons

Abandonnant le siège de Paris, Henri IV se retourne vers la Normandie. Il échoue à reprendre Orléans et Rouen où, comme à Paris, les prédicateurs fanatisent le peuple. Il envoie une armée tenir ouverte la route vers les Pays-Bas et une autre empêcher le duc de Mercœur et ses alliés espagnols de déboucher de Bretagne. Il subit plusieurs défaites devant l’armée de Charles de Mayenne aidée par les troupes espagnoles (Aumale février 1592). Un contingent anglais, venu secourir le roi, est passé au fil de l’épée. Par contre, sur le front sud, le duc Henri de Montmorency s’oppose aux forces de la ligue et menace Toulouse d’appartenance ligueuse. Dans le Sud-est, François de Lesdiguières s’oppose au duc Charles-Emmanuel de Savoie. Les états généraux de la Ligue, convoqués par le duc Charles de Mayenne, s’ouvrent au Louvre fin janvier 1593. Mais ils ne sont qu’une représentation incomplète du royaume, de nombreuses provinces royalistes et protestantes n’ayant pas envoyé de délégués, d’autant plus qu’Henri IV les a déclarés illégaux.

Seul le roi peut convoquer les états généraux. Malgré tout, les députés affirment que la loi fondamentale du royaume est non pas la loi salique, mais le principe de catholicité : ils doivent décider du choix d’un monarque catholique. Les envoyés espagnols essaient d’imposer la fille de Philippe II, l’infante Isabelle, petite fille d’Henri II et de Catherine de Médicis. D’autres candidats, ayant des Valois dans leur ascendance sont sur les rangs : le duc Philippe-Emmanuel de Lorraine, le duc Charles-Emmanuel de Savoie, le nouveau cardinal de Bourbon, (Charles, fils du prince de Condé, donc cousin germain du roi, neveu du vieux cardinal qui vient de mourir), un Guise (Charles de Lorraine ou encore Duc de Mayenne).

 

  • Cérémonie d'abjuration de Henri IV © S.H.P.F.
  • Entrée d'Henri IV à Paris (mars 1594)
    Entrée d’Henri IV à Paris (mars 1594) © S.H.P.F.

Mais de nombreux parlementaires refusent l’élection de princes étrangers. Henri IV comprenant qu’il ne sera jamais accepté par les catholiques, des pourparlers s’ouvrent en mai 1593 entre les représentants des ligueurs et ceux du roi ; la suspension des hostilités est décrétée. Henri IV confirme son intention d’abjurer et de se convertir après une instruction qu’il suit à partir de juillet.

Le 25 juillet 1593, à Saint- Denis, un des hauts lieux de la monarchie française, il fait « le saut périlleux » et, vêtu de satin blanc, prononce sa profession de foi catholique devant l’archevêque de Bourges qui lui donne l’absolution. Dans les jours qui suivent, le roi proclame une trêve générale et accorde son pardon à tous ceux qui le rejoignent. Les Français n’ont pas connu la paix depuis huit ans. Les protestants se réunissent en assemblée à Mantes d’octobre à janvier 1594. Ils sont inquiets. Henri IV promet de rétablir l’édit de Poitiers de 1577 et la paix de Fleix. Les huguenots peuvent organiser partout leur culte, même à la cour, de façon discrète. Il faut attendre le sacre royal à Chartres (27 février 1594) pour vaincre les réticences des Parisiens.

Paris cède et ouvre ses portes à Henri IV le 22 mars 1594. Les Espagnols partent, les curés fanatiques disparaissent, le nombre de proscrits de Paris ne dépasse pas 140, la plupart se réfugiant aux Pays-Bas espagnols. Les décisions des autorités ligueuses sont abolies par le parlement de Paris. Le duc Charles de Mayenne est révoqué de sa charge usurpée de lieutenant général du royaume. Mais aucune exécution n’est ordonnée.

Dans tout le royaume, jusqu’en 1598, Henri IV parvient à arracher le ralliement personnel ou collectif de ses opposants par de nombreux « édits de réduction ». La clémence du roi facilite les ralliements : amnistie et maintien dans leurs places des ligueurs, promotion de certains des chefs, anoblissement de notables. En se soumettant, le duc Charles de Mayenne perd son gouvernement de Bourgogne, mais reçoit trois places de sûreté où le culte protestant est interdit.

 

 

  • Philippe de Lorraine, duc de Mercœur (1558-1602)
    Philippe de Lorraine, duc de Mercœur (1558-1602) © S.H.P.F.
  • Henri IV (1553-1610)
    Henri IV (1553-1610) © S.H.P.F.
  • Édit de Nantes (1598)
    Édit de Nantes (1598) © S.H.P.F.

En Languedoc, Henri de Joyeuse obtient la lieutenance générale et le titre de maréchal de France. Ces ralliements s’accompagnent de largesses financières énormes. « Il eut la France entière pour environ 20 millions de livres » écrit Le Roux. L’impôt va payer ces dépenses, ce qui explique le soulèvement antifiscal des paysans du Midi, les « croquants ». Au total, environ 700 ligueurs exclus du pardon royal trouvent refuge à l’étranger.

Il ne reste à Henri IV qu’à débarrasser la France des Espagnols dont de nombreuses troupes venues pour soutenir la Ligue sont encore présentes en France. Le 17 janvier 1595, le roi déclare la guerre à l’Espagne.

La Bourgogne ligueuse, par où passaient les troupes allant de l’Italie aux Flandres est réduite après de durs combats. Les ligueurs du Sud-ouest se rallient, Henri IV charge le jeune duc Charles de Guise de soumettre Marseille qui s’était érigée en république catholique et indépendante, et François de Lesdiguières de remettre de l’ordre dans le Dauphiné contre les attaques du duc Charles-Emmanuel de Savoie.

Reste en Bretagne le duc de Mercœur (Philippe- Emmanuel de Lorraine), qui allié aux Espagnols, menace Nantes, et dont les troupes se livrent au brigandage et à des atrocités. Sa soumission est obtenue moyennant de fortes sommes d’argent.

Sur le front du Nord, où les Espagnols tiennent de nombreuses villes, Henri IV, aidé par les troupes et l’apport financier des Anglais et Hollandais, remporte le siège d’Amiens. Avec la médiation du pape, la paix est signée à Vervins le 2 mai 1598, signant la fin de la domination espagnole en Europe. Il ne reste plus à Henri IV qu’à mettre définitivement fin au conflit religieux par la proclamation de l’édit de Nantes, le 30 avril 1598.

 

Avancement dans le parcours

Bibliographie

  • Livres
    • COTTRET Bernard, 1598, L’édit de Nantes, Perrin, Paris, 1997
    • GARRISSON Janine, Henri IV, Le Seuil, rééd. 2008, Paris, 1984
    • GARRISSON Janine, Les protestants au XVIe siècle, Fayard, 1997
    • LE ROUX Nicolas, Les guerres de religion 1559/1629, Belin, 2009
    • MIQUEL Pierre, Les guerres de religion, Fayard, Paris, 1980

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