Athanase Coquerel (1795-1868)

Un homme engagé dans son temps

  • Athanase Coquerel (1795-1868)
    Athanase Coquerel (1795-1868) © S.H.P.F.

Après des études de théologie à Genève et Montauban, et un premier ministère à Amsterdam, il s’installe, en 1830, comme pasteur à Paris, où il demeurera jusqu’à sa mort. Homme de bonne culture, orateur remarquable, il fut un des représentants éminents du mouvement libéral, et participa à la fondation du Lien.

Homme de son temps par sa volonté d’être moderne (il publie en 1842 un ouvrage intitulé L’Orthodoxie moderne) et scientifique (il fait paraître en 1847 Le Christianisme expérimental), il veut traiter du christianisme comme d’autres domaines de la connaissance, il revendique pour la théologie le statut de science.

En fait, il se contente de présenter une simple atténuation des doctrines traditionnelles, dépourvue de justifications scientifiques, sans envisager une réfutation argumentée de la dogmatique du siècle. Il effectue donc un tri entre ce qui lui paraît admissible, et ce qui lui semble inacceptable. Souvent ses raisonnements semblent s’arrêter en chemin, parce que leur auteur, plutôt que de s’attacher à leur logique interne, a décidé, a priori, de rester dans le cadre de ce qui est pour lui le christianisme.

S’il se montre assez hardi dans ses livres, il l’est beaucoup moins dans ses sermons. Il y prêche avant tout la morale, ayant tendance à considérer la théologie comme une science réservée aux spécialistes. Quand, explique-t-il dans L’Orthodoxie moderne, un fidèle ne comprend pas tel ou tel passage de la Bible, il doit simplement se dire que ce paragraphe a été écrit « pour des enfants doués de facultés plus élevées ». Dans un sermon intitulé « Sanctification du nom de Dieu », il suggère que sanctifier Dieu c’est simplement le connaître et il ajoute : « laissez de si hautes pensées à des esprits que Dieu a fait pour elles ; n’aspirez à rien au-delà de vos forces ». L’un de ses biographes a écrit que sa prédication se résumait à l’affirmation de l’Évangile comme : « un ensemble de préceptes et de simples vérités pour servir de modèle dans la conduite de la vie : (…) Avant de vous demander ce que vous avez cru, le juge suprême vous demandera comment vous avez vécu ».

Bien que représentant modéré du mouvement libéral, il sera en butte aux attaques des évangéliques car il apporte son soutien aux positions ecclésiastiques des libéraux extrémistes. À partir de 1844, il n’eut plus le droit d’exercer au temple du village des Batignolles qu’il avait pourtant fait construire, et à la fin de sa vie les candidats qu’il présentait à sa suffragance lui furent refusés. Au même moment son fils se voyait aussi refuser une suffragance : déboires que ses partisans estimèrent être une vraie persécution. En fait, il est possible que cette hostilité soit en rapport avec son influence politique et son rôle sous la Deuxième République : député à l’Assemblée constituante de 1848, puis à la Législative de 1849, il a participé à la préparation du décret du 26 mars 1852 créant le Conseil central des Églises réformées, lequel pouvait être sensible à une influence possible et redoutée en faveur du courant libéral.

Bibliographie

  • Livres
    • CABANEL Patrick et ENCREVE André , Dictionnaire biographique des protestants français, de 1787 à nos jours, Editions de Paris - Max Chaleil, Paris, 2015, Tome 1 : A-C

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