Lors de la première guerre mondiale des aumôniers protestants accompagnent les troupes là où elles se battent. Le pasteur Nick, fondateur de la Mission Populaire, reçoit, comme d'autres, la Légion d'honneur pour récompenser l'excellence de son ministère auprès des militaires de son secteur. Les pasteurs n'ont alors pas d'uniforme, ils sont habillés avec des morceaux d'uniforme. Il n'est pas rare de voir un prêtre en soutane couverte de boue, un pasteur en pantalon civil et veste d'uniforme la robe pastorale sous le bras...
L'entre deux guerres voit l'aumônerie revenir à sa réalité légale, les camps, les forts et les établissements hors des villes.
C'est au cours de la deuxième guerre mondiale que l'aumônerie d'aujourd'hui se met en place. Il y a des aumôniers dans presque toutes les unités combattantes de la libération, venant du territoire national, d'Angleterre ou des possessions de l'Empire français. Des aumôniers protestants sont au nombre des aumôniers militaires lors des combats de la Libération. Ainsi Hugues de Cabrol qui deviendra directeur de l'aumônerie protestante aux armées.
Au sortir de la guerre, le pasteur Sturm s'installe à Baden-Baden et, de là, assure la direction de l'aumônerie protestante aux armées. Il met en place l'aumônerie des troupes d'occupation en Allemagne et en Autriche. Il œuvre à la renaissance du peuple allemand par son ministère de pardon et de réconciliation. Il meurt à la tache à Baden-Baden quelques années plus tard.
Parallèlement, les troupes françaises sont en Indochine où une guerre vient de commencer. Là aussi des aumôniers militaires français partagent la vie difficile de la vie dans les postes, l'insécurité des routes coloniales, les combats. Ainsi, le pasteur Tissot, s'est fait parachuté sur Dien Bien Phu encerclé par les Vietminh afin d'y accompagner de son ministère nos militaires. A la chute de Dien Bien Phu (7 mai 1954), le Pasteur TISSOT, fait prisonnier, a vécu cinq mois dans les camps de rééducation des vietminh avant de pouvoir regagner la France, et son Eglise, l'EELF, au Pays de Montbéliard.
Puis, c'est la guerre d'Algérie, puis, enfin, le temps de paix pour nos armées. L'aumônerie s'organise alors pour avoir une existence légale en France métropolitaine. C'est le décret du 1° juin 1964 qui organise les aumôneries existantes : catholique, israélite et protestante. Elle s'articule dans un cadre territorial. Il faut attendre 1984 et la création de la Force d'Action Rapide pour retrouver des aumôniers opérationnels, exerçant leur ministère en accompagnant les militaires là où ils vont, quel que soit le danger. C'est le pasteur Joël Dutreuil qui organisa cette aumônerie protestante de la Force d'Action Rapide.
Actuellement, les aumôniers protestants français sont partout où des soldats français sont engagés : dans le cadre national, international, onusien ou otanien : citons rapidement : Tchad, Centrafrique, Somalie, Rwanda, Côte d'Ivoire, Djibouti, Arabie Saoudite (guerre du Golfe 1990 - 1991), Liban, Cambodge, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Albanie, Macédoine.
Les aumôniers militaires protestants sont aussi présents sur les navires de la marine nationale, y compris en opération.