Plus qu'à la lumière des ciels mouillés d'Ile de France et de Normandie, Bazille est sensible à la forte luminosité de son Languedoc natal, qui tranche les plans et colore les ombres. Aussi, est-ce là qu'il situe la plupart de ses œuvres de plein air, qui restent traditionnelles par la forme, mais inondées des belles lumières méridionales.
Certains analystes ont vu en Bazille la face huguenote et méridionale de l'impressionnisme, dont la vision n'obéit pas à la sensation immédiate, mais la juge, la raisonne et transmet aux personnages l'inoubliable sentiment du Temps retrouvé.
La Réunion de Famille (1867-1868) exposée au Musée de Montpellier, une de ses œuvres les plus connues, peinte sur la terrasse de Méric, la propriété de sa famille, montre un groupe de protestants montpelliérains qui sont tous identifiés.
Écarté des salons officiels comme tous les nouveaux adeptes de la peinture de plein air, Bazille forme avec eux dès 1867 le projet d'une exposition qui n'aura finalement lieu qu'en 1874. Mais il n'y participera pas, car engagé volontaire dans la guerre contre les Prussiens, il est tué à Beaune-la-Rolande en novembre 1870.